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Ermites de Sisyphe.
Pièce maîtresse de l’œuvre de Michael Mann et du cinéma des années 90, Heat est à la fois un concentré de tous ses talents et une œuvre à l’amplitude unique. Expansion du déjà prometteur L.A...
le 11 déc. 2023
A sa sortie, "Heat" fit beaucoup parler de lui, offrant la confrontation tant attendue entre deux monstres sacrés du cinéma. Al Pacino et Robert De Niro, n’ayant auparavant jamais eu de scènes communes. Ils s'étaient juste croisés dans deux temporalités différentes de "The Godfather, part II". Pourtant, le film est avant tout un projet très personnel de Michael Mann, dont le goût pour le polar urbain atteint ici son paroxysme.
En effet, "Heat" est inspiré de l’histoire vraie de la traque du braqueur hors pair Neil McCauley par le policier Chuck Adamson, dans le Chicago des 60’s. Qui ont vraiment pris un café ensemble, sachant que leur prochaine rencontre serait à coups de flingues !
Il s’agit aussi du remake de "L.A. Takedown". Dans ce téléfilm oublié du grand public, Michael Mann racontait déjà son histoire de policiers & gangsters à Los Angeles. Jusque dans certains dialogues et plans identiques. Mais de manière simplifiée, raccourcie, et bridée par un budget limité.
Disposant ici de moyens confortables (budget de 60 millions de dollars), le réalisateur met le paquet, pour notre plus grand plaisir. Plaisir décuplé par la version remasterisée que j'ai pu visionner, et par l'occasion de croiser Michael Mann en chair et en os lors du festival Lumière 2025.
"Heat" est à la fois un thriller remarquablement maîtrisé, et un drame profond. Tout en racontant son intrigue sans temps mort, le film prend la peine de creuser ses nombreux personnages. Dévoilant souvent leur vie privée houleuse pour montrer les failles dissimulées par leur grand professionnalisme. Ou l'écrasante solitude qu'ils subissent, dans une activité à haut risque.
A ce niveau, le film s’offre le luxe d’une distribution particulièrement savoureuse. John Voight, Ted Levine, Tom Sizemore, Natalie Portman, Val Kilmer… Ce dernier parvient même à s’imposer à l’écran (et sur l'affiche) entre les deux titans de charisme que sont Al Pacino et Robert De Niro.
Le premier livre une prestation enflammée en flic obsédé par son travail et révulsé par les crimes qui l’entourent. Pour l'anecdote, Pacino révèlera qu'il a joué Vicent Hanna comme s'il était en permanence sous cocaïne ! De Niro s’avère ici plus sobre et posé, en braqueur haut niveau conscient des risques qu’il prend.
Michael Mann prend néanmoins le risque osé de jouer avec la confrontation tant attendue. Plutôt qu'une scène d'action, c'est ce dialogue entre les deux personnages, posés dans un café, qui deviendra emblématique. Emprunt d'un respect mutuel et d'un grand sang froid. A noter que dans tout le film, il n'y a qu'un seul plan où l'on voit le visage des deux comédiens ensemble à l'écran (!). L'occasion de gérer cette confrontation par le montage et les contre-champs.
Certains iront même jusqu'à dire que les deux acteurs n'ont pas été présents ensemble sur le tournage... ce qui est évidemment faux, il suffit de regarder des photos de tournage pour s'en convaincre.
Loin de constituer l’unique intérêt du film, ce duel ne fait qu’augmenter la saveur de l’ensemble. Car « Heat » offre une mise en scène carrée et maîtrisée de bout en bout. Avec une image propre à la photographie grisâtre et urbaine, qui exploite tant les vues de Los Angeles que celle de l'océan. Un mélange de caméra à l’épaule et de prise de vue plus posées, et un montage sonore vrombissant. Notamment les armes à feu, dont les sons sont réputés très fidèles.
Le clou du film étant la scène de braquage, largement copiée et référencée depuis. Et la célèbre fusillade qui fait partie des grandes scènes d’action des années 90. Il se murmure qu'elle était tellement réaliste qu'elle fut utilisée dans des vidéos de formation par l'armée américaine !
Sans compter la BO cosmopolite du film qui comporte quelques pépites : le morceau "Force marker" de Brian Eno, ou la musique de Moby clôturant le film.
« Heat » représente donc le summum de la carrière de Michael Mann, et l’un des classiques du polar des 90’s.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films de Michael Mann, Les meilleurs remakes de films, Les meilleurs films de 1995, Les meilleurs films des années 1990 et Les meilleurs films avec Robert de Niro
Créée
le 28 juil. 2020
Modifiée
le 9 nov. 2025
Critique lue 157 fois
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