Le film est tiré d’une histoire vraie, véritablement abominable pour celle qui l’a vécu. En l’occurrence, il s’agit d’une jeune française partie travailler dans un hôtel de luxe dans les Maldives en tant que réceptionniste. Elle se voit confier la garde de trois enfants d’un riche couple un jour férié ou le complexe est en sous-effectif. L’un des enfants échappe à sa surveillance et se noie. Mais l’hôtel va tenter de manière vicieuse, aidé par le gouvernement et la police de l’île corrompus jusqu’à l’os, de lui faire porter la faute. Elle sombre dans un engrenage sans fin et reste coincée sur l’île, son passeport lui ayant été retiré. Voilà le genre d’histoire qui fait grincer des dents et pester contre ces gens malintentionnés tout en serrant la mâchoire pour le personnage principal. « Hell in Paradise » capitalise à fond là-dessus de belle manière et ressemble à une variation un peu low-cost d’œuvre comme le chef-d’œuvre « Midnight Express » et ses touristes emprisonnés en Thaïlande pour trafic de drogue.
Le long-métrage de Leila Sy porte bien son titre tant le paradis des Maldives tel qu’on peut se l’imaginer s’avère bien représenté de prime abord pour se transformer en véritable enfer. Les dessous de ces hôtels de luxe et d’un pays pauvre comme celui-ci, musulman radical de surcroit et donc peu enclin aux femmes, sont bien dépeints. On pourra quand même reprocher quelque clichés, le personnage du juge notamment semble un peu poussif et inventé pour les besoins de l’intrigue. Pour demeurer au rayon des clichés, le trauma d’enfance qui inaugure le film est un peu ridicule ou, en tout cas, la manière dont il est exposé. « Hell in Paradise » développe aussi pas mal d’invraisemblances, surtout dans les séquences d’évasion ou dans les réactions de Nina, pas toujours justes. On ne sait pas toujours ce qui relève de la fiction ou de la pure invention, les scénaristes sacrifiant probablement le réalisme sur l’autel du spectacle.
On ne pourra nier que le film est captivant de bout en bout et même particulièrement stressant la plupart du temps. On se mord les lèvres devant cet engrenage représenté par cette succession d’injustices et de décisions arbitraires. Néanmoins, on voit qu’on est dans une production Europa Corp. Pour la nuance et un discours profond et investi au niveau politique sur une telle affaire, il faudra repasser. Le film joue la carte du pur suspense d’évasion à l’américaine qui paraît parfois même un peu has been dans sa manière d’être écrit et filmé. En outre, les seconds rôles ne sont pas toujours justes et Nora Arnezeder alterne l’excellence avec le surjeu. « Hell in Paradise » est donc un bon divertissement qui nous tient en haleine avec son histoire vraie mais qui, en d’autres mains, aurait pu aboutir à quelque chose de plus puissant et mémorable.
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