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Le dernier véritable volet de la trilogie reliant Pinhead à Kirsty Cotton (sauf à compter Hellraiser : Hellseeker, médiocre téléfilm), cette dernière n'apparaissant plus ici qu'au travers d'images d'archives. La continuité avec Hellraiser II est d'ailleurs assez habile : emprisonné dans le Pillar of Souls, Pinhead est récupéré par un collectionneur dont le club de hard rock sert de décor à cette résurrection. Changement de décor : exit l'Angleterre intime des deux premiers films, et avec elle une partie de cette ambiance claustrophobique et familiale qui faisait leur charme. Le rapprochement entre la culture rock/métal et le marché de l'horreur est plutôt bien vu : dans les deux cas, la transgression et la recherche d'un choc hédonique immédiat priment sur toute forme de beauté.
L'idée de creuser davantage les origines de Pinhead en faisant réapparaître Elliott Spencer est également prometteuse. On devine une réflexion sur le libre arbitre et la possibilité, pour l'humanité résiduelle du personnage, de résister au cénobite qu'il est devenu. Cette piste reste hélas inaboutie et Spencer n'est en définitive qu'une âme errante dont on peine à comprendre le véritable rôle.
Enfin, le cénobite taciturne et sentencieux des deux premiers films se transforme ici en distributeur de vannes un peu cabotin, au point d'évoquer Freddy Kruger. C'est un choix risqué : l'humour amuse parfois, mais il fait perdre au personnage la frayeur qu'il portait. D'ailleurs, cette phrase du grand prêtre de l'Enfer, « there is no good nor evil, only flesh », pose réellement problème : par-delà son relativisme assez primaire, elle évacue complètement la part de drame et de responsabilité que les précédents opus abordaient en filigrane. S'il n'y a « que la chair », les monstres humains que sont Frank et Julia ne sont plus des figures de la tentation et de la corruption, mais de simples êtres guidés par leurs pulsions. Toute la dimension tragique disparaît alors.
Un épisode moyen, qui laisse déjà entrevoir l'essoufflement de la série et explique en partie pourquoi Clive Barker s'est progressivement éloigné des adaptations cinématographiques de son œuvre.
Créée
le 7 juil. 2026
Modifiée
le 8 juil. 2026
Critique lue 4 fois
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