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21 critiques
Pinhead, mon amour
Bon, c'est difficile pour moi d'être réellement objectif avec ce nouvel épisode d'une saga que j'ai commencé par aimer de tout mon coeur, avant d'ensuite enchaîner les déceptions. Car si les deux...
le 10 févr. 2018
On a lancé le film à table, pensant avoir le temps de finir pendant l'ouverture. On a reposé la fourchette. L'ouverture cradingue est littéralement ce qui marche le mieux dans cet opus qui peut être renommé d'après son réalisateur Gary J. Tunnicliffe : "Je sens bien que c'est le dernier de la saga, j'en ai plus rien à faire, je fais du dégueu, du dégueu, et encore du dégueu... Il reste combien, de budget ? Allez, Marcel, mets tout dans les scènes torture-porn, oui oui dès la première minute, on n'a plus rien à perdre ! Je suis déjà tout seul au scénar, à la réal, et je joue l'Auditeur aux lunettes noires, débrouille-toi !" Et le pire, c'est que cela marche. On ne s'attendait vraiment pas à cette générosité (merci Marcel) à la seconde S du début, avec cet interrogatoire-purgatoire :
le tueur de la fillette assis sur une chaise face à l'Auditeur (le réal, donc) qui tape à la machine à écrire (une version stylisée des machines Adler allemandes... "Vous avez la réf' historique, forcément") avec le sang de sa victime, puis fait manger (ignoblement) les papiers trempés dans des larmes d'enfants à l'Assesseur (les bruitages sont le pire de la scène), qui va tout vomir dans un tuyau, qui mène...dans une auge, dont se repaissent goulûment des femmes nues (c'est là qu'on a reposé la fourchette : diète-surprise), qui donnent leur verdict "coupable" à Pinhead, qui demande donc à ce que le tueur soit attaché sur une table de sacrifice, et lacéré par une créature mi-sumo masqué, mi-gnome en latex noir avec un masque à gaz, et dont les femmes nues boivent le sang (il faut bien s'hydrater, après un repas) qui les éclabousse comme un arroseur automatique.
Pfouh. Mais alors, pfouh. Un petit quart d'heure, et on a l'impression que le film pourrait s'arrêter là, qu'on ne sait pas bien ce qu'il peut rajouter après ce feu d'artifice du torture-porn. Et effectivement, l'enquête policière qui s'ensuit est mille fois moins intéressante que l'ouverture, puisqu'on revient inlassablement à la salle des tortures, comme un aveu que le film a du mal à vivre en-dehors. On suit donc un
vilain flic qui veut racheter ses "bavures" (il tue les "païens et les pêcheurs") en échange de l'âme de ses collègues, mais ne sait pas (il n'a pas vu les neuf Hellraiser, le sot), qu'on n'arnaque pas Pinhead.
Alors on suit gentiment l'enquête jusqu'au final qu'on pense très prévisible, sauf que déboule
un ange, un deux ex-machina (littéral) de dernière minute qui nous a encore bien surpris, et sauve le ripou, sous couvert de Croisade contre les païens ("Oui, bon, il tue des gens, mais ce sont des hérétiques, alors ça passe...").
Mais contre-Kem's (le scénario ne s'arrête plus),
Pinhead envoie bouler l'Ange en Enfer, avec le ripou, et accepte la sentence d'un tel acte : redevenir humain (ici, l'Enfer des Cénobites Damnés est la Terre... A méditer, vous avez 4h).
Pinhead est peut-être sadique, mais juste, et prêt à sacrifier beaucoup pour les humains qu'il massacre pourtant gaiment, une dualité qu'on aime bien dans ce personnage (et qu'on avait perdu longtemps dans les opus du milieu). La fin du film semble donc définitive, un "C'est bon, Marcel, on n'a plus un centime, on a fait notre max, on a fait une vraie fin, on peut rentrer fièrement à la maison. Bon, tu me diras si ça rend bien, j'y vois rien avec ces verres noirs." Alors oui, on va se faire l'avocat du Diable (enfin, de Pinhead 2.0), mais on a vraiment trouvé que cet opus ne se moque pas de nous après la traversée du désert depuis le premier film (on sauve in extremis le thriller "Je ne voulais pas faire de Hellraiser mais sinon on ne me filait pas un rond, alors j'ai mis Pinhead cinq minutes à la fin" - alias l'opus de Scott Derrickson, et le sixième "Freddy version Hellfesse-t", avec des rêves bordéliques, du cuir sado-maso, et beaucoup de plans du fessier de l'amante...). Si l'on a trouvé le corps de ce dixième film assez classique (sans être honteux), on s'est fait rouler dessus par l'ouverture dégueu et le contre-Kem's final. Malgré ses verres fumés noirs (il ne doit rien voir), Gary J. Tunnicliffe a saisi le moment où on se disait que cette saga était fichue depuis longtemps, et a conclut bruyamment : "KEM'S !!!". Le meilleur partenaire de fin de partie.
Créée
le 8 juil. 2024
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