On peut dire que Hellraiser, de Clive Barker, est un film d’horreur. Mais c’est surtout un véritable avant-goût de l’enfer.
L’histoire se déroule dans une vieille demeure où un couple vient s’installer. Une simple coupure au doigt va pourtant suffire à permettre à Frank Cotton de revenir à la vie. Et à partir de là, l’enfer va littéralement entrer dans la maison.
Hellraiser, le pacte, débarque dans les salles au milieu des années 80. Clive Barker, auteur de livres aussi terrifiants que fascinants, passe derrière la caméra et frappe très fort. Son film est malsain, crade, viscéral et surtout sans concession. Barker ne cherche jamais à rendre son univers sympathique. Il va droit au cauchemar.
Le film est profondément premier degré. La renaissance de Frank est d’ailleurs l’un des grands morceaux de bravoure du film. La chair, les tripes, le sang… Barker filme le corps comme une matière que l’on peut déchirer, recomposer, torturer. C’est franchement difficile à regarder. On pense parfois à la peinture de Francis Bacon, à ces corps torturés et déformés qui semblent eux aussi appartenir à un cauchemar.
Mais Hellraiser, c’est aussi une mythologie qui se met en place sous nos yeux. Il y a cette mystérieuse boîte, sorte de Rubik’s Cube venu tout droit des enfers. Et puis il y a les Cénobites. Des créatures sadiques, vêtues de cuir, dont l’apparence marque immédiatement les esprits. Leur chef, Pinhead, va devenir une véritable icône du cinéma fantastique.
Hellraiser est un choc. Un film qui, des décennies plus tard, reste difficile à regarder tant son imaginaire est physique, malsain et radical.
Un classique de l’horreur, tout simplement.