D'abord, merci à Dagoni, second conseil probants après l’excellent Peking Opera Blues et, à l’image de ce dernier, j’ai bien l’impression que ce Help me Eros est plutôt méconnue, et s'il n'est certes pas facile d’accès, c'est tout de même un beau et bon film.
Esthétiquement et formellement superbe, Help Me Eros bénéficie de la maestria de Lee Kang-Sheng qui nous offre des images et des scènes de toutes beautés et mémorables. Tous les cadres et les plans sont maîtrisés et remplis de divers détails, symboles et bonnes idées alors qu'il sublime les paysages urbains et notamment ceux nocturnes.
Il n’oublie pas non plus de raconter une histoire, nous faisant suivre la déchéance de trois âmes perdues et vouées à l’autodestruction, avec quelques lueurs d’espoirs à certains moments de leurs vies. Il y a Jie, dépressif et drogué qui entretient une double relation, l’une à distance avec une hôtesse complexée par son corps et malheureuse en mariage et l’autre très passionnelle avec une fille bossant dans un Betelnut.
Il capte avec brio, et c'est là l'une des principales forces du film, des simples moments de vie à l’image de cette ouverture où Jie regarde une surprenante émission culinaire en étant couché, des moments de discussions via ordinateur entre Jie et Chyi ou des scènes sexuelles très crues. Le rythme est lent (parfois trop) et il ne gère pas toujours bien le rythme mais il arrive à créer un sentiment de fascination et, de la même manière, il met de l’intensité dans son récit et donne une belle dimension mélancolique.
Une oeuvre assez difficile d'accès mais terriblement fascinante une fois le film lancé, l'auteur montrant un vrai talent derrière la caméra, notamment pour mettre en avant de simples moments de vie, ainsi qu'une dimension mélancolique forte.