Dans une salle de musculation, des athlètes aux muscles saillants bandent le torse, les biceps et les trapèzes. Ils soulèvent des poids et s’admirent dans le miroir. Parfois, un sous-titre s’invite sur l’image. Ici « Saura t-il tuer l’Hydre de Lerne ? » là « Saura t-il capturer les Cavales de Diomède ? ». Et dans un montage alterné nous voyons des malheurs, divers et variés : une montagne de déchets ; une file d’embouteillages ; un accident de course de voitures ; une explosion nucléaire. Cette puissance physique affichée, ce culte du corps sculpté prend alors des atours ridicules face aux images difficiles qui la côtoient. L’aliénation chère à Herzog – il n’a alors que dix-neuf ans – fait déjà partie du programme, combinant fantasme imaginaire narcissique du corps et du dépassement de soi face à la réalité brutale du monde, qui n’a pas de super héros pour le sauver. Un bel exercice de montage.