De retour de la guerre du Vietnam, un ancien soldat souffrant de troubles post-traumatiques fuit l'hopital où il était soigné, et chercher à rejoindre la Californie pour y retrouver un ami de son régiment. En partant de New-York, il va rencontrer une jeune femme qui voyage elle aussi à travers et eux deux vont sillonner la route.
Énorme succès lors de sa sortie américaine, et totalement méconnu ici, Héros est un des premiers films qui parle non seulement de la guerre du Vietnam qui venait de se terminer, mais de l'après : que deviennent ces soldats qui ont donné leur santé, voire leurs vies ? On le voit à travers le personnage que joue Henry Winkler, un homme totalement déphasé, qu'il joue bien, même s'il faut avouer que l'acteur n'a guère de présence et a tendance à en faire beaucoup. Au point que les deux seconds rôles l'éclipsent. D'une part, Harrison Ford dans un rôle secondaire, mais surtout Sally Field, impressionnante dans le jeu, car elle va devenir non seulement une liaison, mais c'est plus que ça ; une épaule sur laquelle cet ex-soldat peut s'appuyer.
Bien que Héros soit le premier film de Jeremy Kagan (dont j'aime beaucoup le suivant, The big fix), il a encore beaucoup de manières de tourner des séries télé avec une économie de moyens visibles qui font que ça reste plat. Et qu'il y a beaucoup de creux dans la narration jusqu'à la dernière partie, en Californie, très étonnante dans le sens où sur un même plan, il travaille à la fois sur le passé et le présent. Jusqu'à cette fin vraiment touchante où on comprend que la vie de cet homme va être difficile, mais pas impossible pourvu qu'il puisse s'appuyer sur une belle âme.
La période coïncide avec plusieurs films qui commencent à parler ouvertement de la guerre du Vietnam et des conséquences que ça peut porter, avec par exemple Retour en enfer, et le plus célèbre de tous, Rambo, sorti cinq ans plus tard. Mais il est intéressant de voir Héros où pour une fois on peut voir Henry Winkler jouer autre que Fonzy.