Héros modestes
6.2
Héros modestes

Moyen-métrage d'animation de Akihiko Yamashita, Yoshiyuki Momose et Hiromasa Yonebayashi (2018)

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Le survivant discret de l’esprit Ghibli

Après avoir écouté l’analyse YouTube de Lapeint (feu Lapindicite Chronique) consacrée au studio Ponoc, je m’exécute et fais mes devoirs à la maison.

Le studio Ponoc est souvent présenté comme le successeur naturel de Ghibli — une passation de flambeau difficile, tant Miyazaki-san n’est pas qui veut. Certainement pas son fils, visiblement, réalisateur à date du très cringe Aya et la sorcière. Quant à Isao Takahata… eh bien, il est mort (mais il nous a quand même laissé Le Tombeau des lucioles, Pompoko, Mes voisins les Yamada et Le Conte de la princesse Kaguya).

Chez Ponoc, Hiromasa Yonebayashi (Arrietty, Souvenirs de Marnie) ouvre le bal en 2017 avec Mary et la fleur de la sorcière. Une entrée en matière laborieuse : ce n’est pas catastrophique, mais clairement pas fou — le matériau d’origine n’aidant pas, apparemment. Reste alors un certain Yoshiyuki Momose, qui mérite au moins qu’on lui accorde un peu d’attention, sinon une forme de clémence.

On le retrouve dans Héros modestes, un triptyque de courts-métrages. Il y réalise le deuxième segment, « La vie ne perdra pas ». Le premier, Kanini & Kanino (encore Yonebayashi), est parfaitement dispensable. Le dernier, Invisible, vaut surtout le détour pour son animation. Mais La vie ne perdra pas, lui, est réellement enthousiasmant : un récit simple et touchant sur la relation entre une mère et son fils gravement allergique aux œufs. Une mise en scène sensible, sans pathos excessif, qui touche juste. Probablement l’une des meilleures proposition issus du studio à ce jour.

Allez, hop ! On poursuit l’effort avec L’Imaginaire (2013), toujours réalisé par Yoshiyuki Momose. Le film raconte l’histoire d’une enfant dont les créations imaginaires prennent vie et luttent pour exister face à l’oubli. Pas de renouveau flamboyant, mais une tentative modeste de faire perdurer une sensibilité : celle d’un cinéma d’animation humaniste et attentif aux blessures intimes. Une tentative imparfaite, mais sincère, qui confirme au moins une chose : Ponoc tient là un auteur, sinon peut-être un maître.

punkryden
6
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le 6 févr. 2026

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