Un peu difficile de découvrir "Hexagone" en 2012 d'un point de vue formel. Le grain est usé comme un téléfilm FR3, les comédiens souvent amateurs ou débutants, les dialogues peu inspirés récités et le propos un peu fouillis.
Pour autant, ce témoignage de la vie de cité ne manque pas d'intérêt quand on décide de passer outre la mise en scène catastrophique. Le propos reste soit d'actualité, soit sert de témoignage, de relatif instantané de ce milieu à une époque donnée. Le chômage, le choc des générations et des cultures, l'amitié, l'amour, la drogue, "Hexagone" pourrait être le grand frère des futurs "Raï" ou "Ma 6-T va crack-er" dans sa restitution du quotidien. A mettre au compte des bons moments mal maitrisés, les discussions en boite entre les deux duos de potes, sur la logique du dealer, sur la place des Maghrebins dans la société française, la conception de l'amitié... C'est trop écrit pour être crédible dans la bouche des acteurs (surtout quand ils jouent en conservant les négations à l'oral etc) mais le discours est intéressant.
En parlant de "Raï" d'ailleurs, le film de Thomas Gillou devient une véritable copie de celui de Malik Chibane. Les ressemblances sont nombreuses et trop grosses pour être des coïncidences. Le narrateur a un grand frère camé et une relation secrète avec la soeur d'un pote à lui et fait tout pour rester dans le droit chemin, le grand fameux frère camé/caillera est protégé par la mère, le père est décédé (le reste serait spoiler), il y a le copain qui se tape une Française, il y a la soirée organisée par le quartier, les flics qui embarquent le frangin, etc... Vraiment très très très bizarre.