High School (2012), réalisé par John Stalberg, se présente comme une comédie décalée dans la lignée des "stoner movies", avec pour ambition de mêler critique sociale et humour potache. Sur le papier, l’idée de faire planer tout un lycée pour déjouer un test antidrogue avait quelque chose de culotté et promettait un chaos jubilatoire. Malheureusement, le résultat final manque cruellement de finesse, d'originalité et de rythme, ce qui rend l’expérience plus pénible que drôle.
Le scénario repose sur une seule idée – aussi audacieuse soit-elle – mais ne parvient jamais à la renouveler ni à en tirer un réel propos. Les gags s'enchaînent sans fil conducteur solide, donnant l’impression d’une série de sketches artificiellement collés les uns aux autres. Rapidement, l'effet de surprise s'estompe et laisse place à une routine laborieuse. Le film s’essouffle là où il aurait dû s’envoler.
L’un des aspects les plus décevants reste l’interprétation des acteurs. Le duo principal, composé de Matt Bush (dans le rôle du brillant étudiant repenti) et Sean Marquette (en ami marginal adepte des plans foireux), peine à convaincre. Leur complicité à l’écran sonne souvent forcée, et leur jeu reste très figé, comme s’ils peinaient à s’adapter au ton décalé du film. Ils ne parviennent ni à incarner des personnages crédibles ni à porter la comédie sur leurs épaules.
Quant à Adrien Brody, son apparition dans le rôle du dealer psychotique et tatoué aurait pu être un moment fort du film. Malheureusement, son jeu outrancier, oscillant entre caricature assumée et cabotinage gratuit, finit par desservir le personnage. Il semble s’amuser de son propre délire, mais sans jamais vraiment s’intégrer à l’univers du film, ce qui renforce un sentiment de déconnexion générale entre les acteurs et le scénario.
La mise en scène, sans être catastrophique, reste d'une grande platitude. Aucune audace visuelle, un montage mécanique, une bande-son peu marquante : tout semble au service minimum. Même les moments supposément chaotiques ou délirants manquent d’énergie et de tension comique, comme si la réalisation n'assumait jamais pleinement le ton absurde qu'elle revendique.
Un point qu’il convient néanmoins de relever est la tentative – bien que maladroite – de dénoncer l’hypocrisie du système éducatif et la criminalisation des comportements adolescents. Le film touche du doigt un vrai sujet de société, mais il l’effleure plus qu’il ne le traite, et ce discours reste enfoui sous une avalanche de clichés et de facilités scénaristiques.
En définitive, High School est un film qui rate sa cible : ni assez drôle pour fonctionner comme comédie, ni assez subversif pour marquer comme satire. C’est un mauvais trip cinématographique, frustrant car il repose sur une bonne idée, mais mal exploitée à tous les niveaux. On ressort de la séance avec l'impression d'avoir assisté à une blague trop longue, racontée sans entrain.
Note : 3/10