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le 23 nov. 2022
SuivreValse viennoise
Hinterland de Stefan Ruzowitzky, dont on se souvient de l'oscarisé Les Faussaires, intrigue et fascine autant par la qualité de son scénario (avec quelques failles quand même) que par son identité...
Dernier visionnage salles de l'année, et celle-ci se termine sur une très bonne note. C'est un polar historique (il se situe dans les années 20 à Vienne), à l'ambiance assez sombre et violente, très bien mené (malgré quelques petites failles, surtout vers la fin). Le film , au-delà de l'enquête, , décrit assez bien l'ambiance qui pouvait régner à Vienne il y a un peu plus de 100 ans, dans un pays où personne (ou presque) ne reconnaissait l'empire austro-hongrois d'avant (désormais éparpillé entre différents pays, éparpillement qui d'ailleurs finira par lui-même éclater 70 ans plus tard, mais ceci est une autre histoire), d'autant plus que la société elle-même a changé , pas toujours pour le meilleur (les tendances extrémistes, notamment à droite -les débuts du national-socialisme- qui apparaissent).
Mais le plus surprenant est l'esthétique du film. Au delà de l'aspect sombre, voire sordide (frôlant parfois l'horrifico-gothique), le film, pour les décors (les extérieurs, mais pas que) utilise des décors entièrement numériques. Cela se justifie ici pleinement, car il laisse de côté le strict réalisme , pour des décors décalés, avec des perspectives tordues ou bancales, ce qui rappelle fortement les films expressionnistes des années 20 (y compris dans des sujets 100% réalistes ) avec leurs décors peints et leurs perspectives bizarres (il n'y a pas que Caligari dans le genre). Comme j'apprécie l'expressionnisme allemand, j'ai beaucoup aimé.
Excellente interprétation.
NB Le camp russe de prisonniers dont il est question dans le film est un camp "tsariste" (càd datant d'avant la révolution de 1917). Les "baguettes" et le fouet existaient dans l'armée ou les bagnes du
XIXème siècle (les baguettes consistant à faire passer le condamné entre deux rangées de soldats ou gardiens qui le bastonnaient). C'est bien décrit dans Souvenirs de la maison des morts de Dostoïevski. Le reste, je ne sais pas., le film évoque un camp dirigé par des tortionnaires qui suivent leurs propres règles ...
Créée
le 31 déc. 2022
Critique lue 256 fois
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