Un jeune inspecteur d’impôt trouve refuge dans un temple abandonné pour y passer la nuit. Là-bas, il fait la connaissance d’un prêtre taoïste. Mais, pendant la nuit, une étrange et envoûtante jeune fille lui rend visite…
Ah, quel romantisme ! Histoire de fantômes chinois est un classique de l’histoire d’amour impossible avec des archétypes en béton armé. Le héros est un innocent au cœur pur qui rachète son amante, pécheresse par nature (les cultures humaines sont désespérantes). Le couple est défendu par le fort, le patriarche qui juge le Bien du Mal, et leur ennemi est un monstre asexué qui abuse de ces jeunes filles et est servi par une infâme marâtre. Il est facile de placer Papa, Maman ainsi que les traumatismes d’abus dans ce tableau.
Mais si on laisse la psychologie de côté, l’œuvre est magnifique. Elle est évidemment datée ; les effets spéciaux à base de plastique poussiéreux et de dessins sur la pellicule ne sauraient se comparer aux images de synthèse. Et pourtant le jeu est simple, agréable, la poésie évidente (avec notamment de belles scènes de pleine Lune) et l’humour rafraîchissant. Le passage dans le monde souterrain est, certes, un peu excessif, mais se laisse toutefois regarder.
Ni les acteurs ni le réalisateur n’ont particulièrement brillé dans leur carrière ultérieure (OK, sauf Joey Wong pour sa plastique). Le scénario n’a rien de remarquable, de même que le jeu d’acteurs très années 80 ou encore les images. Mais certaines œuvres arrivent, par une mystérieuse alchimie, à devenir de pures légendes à partir d’ingrédients parfaitement normaux. Comme toujours, on trouve à la base de ces réussites une excellente interaction entre les acteurs qui campent passionnément leurs personnages. La narration est dynamique et suffisamment prenante pour garder le spectateur en haleine. Enfin, le happy end, sacrément âpre pour un non-bouddhiste, est durement gagné.
Histoire de fantômes chinois est un incontournable du film romantique et du film fantastique qu’il faut connaître.