Hit & Run
5.3
Hit & Run

Film de Dax Shepard et Dee Palmer (2012)

"Hit & Run", coréalisé par Dax Shepard et Dee Palmer, est une tentative louable de dynamiter les conventions du film de poursuite, mais qui, à mes yeux, échoue à transformer l'essai. Si je lui accorde un 5/10, c’est parce que malgré sa bonne volonté manifeste, le film semble constamment hésiter entre ambition et amateurisme.


On sent bien que Shepard s’est fait plaisir : il écrit, il réalise, il joue. Cette liberté créative, presque contagieuse, est l’un des rares moteurs du film. Il y a dans certaines scènes une sincérité brutale, un refus des codes hollywoodiens classiques qui aurait pu donner naissance à un ovni réjouissant. Hélas, au lieu d’un projet audacieux, on se retrouve face à un objet filmique qui semble constamment courir après son propre souffle.


Le principal défaut de "Hit & Run" est sa construction anarchique. L’histoire avance par à-coups, sans jamais vraiment choisir son cap : comédie romantique bancale ? Film d'action routier ? Parodie molle ? Tout cela à la fois, sans jamais l’assumer pleinement. Résultat : le spectateur est souvent laissé sur le bas-côté, oscillant entre ennui poli et agacement devant un récit qui s’égare à force de vouloir trop en faire, sans en avoir les moyens.


L'humour, qui pourrait sauver l'ensemble, tombe souvent à plat. Les vannes sont inégales, parfois forcées, et les personnages secondaires, censés amener du relief, se contentent d'aligner des clichés sans grande originalité. Même les séquences de poursuite, qui auraient pu être la force du film, manquent cruellement de tension et d’inventivité.


Visuellement et techniquement, "Hit & Run" a ce charme brut d'un film indépendant, mais il en cumule aussi les travers : un manque d'ampleur, des idées mal abouties, et une impression générale de brouillon.


En fin de compte, "Hit & Run" est un film sympathique, mais désespérément inabouti, un road trip qui avait de la fougue mais qui n’a pas su éviter les sorties de route. L’envie est là, palpable, mais le talent narratif nécessaire pour canaliser cette énergie manque cruellement à l’appel. C’est dommage, car derrière ce chaos, on devine un vrai amour du cinéma — mal exprimé, mais sincère.

CriticMaster
5
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le 28 avr. 2025

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