Hitcher
7.2
Hitcher

Film de Robert Harmon (1986)

Mythique thriller des années 1980, Hitcher est un road movie qui prend ses racines dans la chanson Riders on the Storm du célèbre groupe américain The Doors. Dernière chanson que Jim Morrison ait enregistrée avant de mourir quelques semaines plus tard, c'est en effet l'extrait d'un couplet qui dit "There's a killer on the road, his brain is squirming like a toad" (alors que le propos est métaphorique dans le texte) que le scénariste Eric Red prend au premier degré et lui permet ainsi d'inventer le terrifiant personnage de John Ryder (on the storm ?), maître d'un jeu pervers, chaotique et meurtrier sur une route désertique située entre Chicago et San Diego. Même si le cinéphile averti pense irrémédiablement à un mix entre Le Voyage De La Peur (Ida Lupino - 1953) et Duel (Steven Spielberg - 1971), l'esprit retors du script reste d'une envergure relativement inédite en 1986 où Hitcher fascine autant qu'il choque le public nord-américain.

Convoyant un véhicule sur un long trajet, le jeune Jim (Morrison ?) Halsey prend un mystérieux auto-stoppeur qui s'avère être un très dangereux psychopathe. Ce dernier va alors s'amuser au pervers jeu du chat et de la souris avec sa victime…

Si le synopsis du script tient sur deux phrases, c'est l'exceptionnelle mise en scène de Robert Harmon (dont c'est pourtant le tout premier long-métrage) qui va instaurer une atmosphère malaisante sur plus de 90 minutes. Et si, à l'origine, c'est le génial Terence Stamp qui se voit contacté pour incarner le tueur (il aurait certainement été fantastique dans le rôle), l'incarnation du personnage échoue finalement à Rutger Hauer qui magnifie la performance fantomatique de l'antagoniste. Car telle la célèbre légende urbaine de la dame blanche du Calvados (une auto-stoppeuse spectrale), John Ryder apparaît toujours là où on l'attend le moins. Pas crédible pour deux sous (les facilités scénaristiques sont par ailleurs légion), le script mène peu à peu son jeune héros à bout de nerfs et à une scène particulièrement poignante où il pense au suicide.

Finalement, la principale force du film reste certainement le mystère quant à l'agresseur. Aucun portrait psychologique n'est dressé, aucun antécédent n'est révélé. Tel un spectre issu d'une fable horrifique, il apparaît brusquement et massacre tout ce qui bouge. Sauf la proie avec laquelle il s'amuse et envers qui une attirance homosexuelle pourrait être probable. Face au métrage, les spectateurs en tirent leur propre conclusion personnelle et c'est sûrement ce qui créa un tel mythe autour de l'œuvre. À l'instar du Duel de Spielberg d'ailleurs, dont on ne sait rien du fameux chauffeur meurtrier.

Avec un C. Thomas Howell toujours aussi beau gosse qui incarne la victime, aidée ici par la toute jeune Jennifer Jason Leigh qui avait déjà rencontré Rutger Hauer, l'année précédente, sur le tournage de La Chair Et Le Sang de Paul Verhoeven, le cast brille par son excellence en transcendant les nombreuses improbabilités scénaristiques. Mais peu importe puisque nous sommes ici à la frontière du fantastique et de l'horreur. Et que l'on peut imaginer une centaine de paraboles quant à l'action et ses personnages. À l'image de la chanson des Doors, tiens.


candygirl_
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le 14 nov. 2024

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