Jadis cinéaste "artistique" oscarisé, Val Waxman n'est plus aujourd'hui qu'un has-been sans travail qui ne doit qu'à la sollicitude de son ex-épouse de décrocher un contrat inespéré pour un film.
On retrouve le Woody Allen incontournable, geignard, fébrile, bavard -on verra quelle manifestation psychosomatique touchant le cinéaste hypocondriaque perturbe le tournage! C'est le Woody Allen qu'on aime mais dont le personnage récurrent et sa prépondérance paraissent ici s'exprimer au détriment du scénario.
Certes, le sujet vise aussi à égratigner le petit monde du cinéma: égo capricieux et vanité de quelques techniciens, arrivisme d'une starlette et inculture du producteur hollywoodien. Cependant, le comique provient essentiellement du personnage allénien et de ses formules. En effet, le scénario n'est pas précisément astucieux ou surprenant, pas suffisamment riche et ciselé en tout cas pour être l'élément déterminant de la comédie. En l'absence d'idées originales ou de directions inattendues, le film se construit nécessairement autour de Val Waxman, de sorte qu'on peut avoir l'impression que l'auteur se répète d'un film à l'autre.
Pas toujours incisifs, parfois un peu ternes, les dialogues comme la mise en scène frôlent même par instants une certaine complaisance.