C'est toujours l'ennui qui nous pousse à regarder ailleurs.

A reconnecter avec les personnes du passé.

A se demander si finalement, on n'aurait pas pu faire mieux.

Il y a celui qui quitte, et celui qui se laisse quitter.

Petite fleur fragile comme le coquelicot qui disparaît de sa tige lorsque le vent souffle trop fort.

J'ai beaucoup aimé ces images pleines de vagues et de sel, d'écumes qui se brisent sur le sable.

Dans un burn-out, il plaque tout. S'enfuit.

Il se retrouve dans un endroit où on le dérange constamment, où il se laisse déranger.

Il voudrait peut-être qu'on le bouscule. Et une lettre le bousculera.

Celle du passé.

Face à lui, elle ne sait plus quoi dire. Ils bafouillent tous les deux, se font un récapitulatif,

"Alors tu en es où ?"

" Ah oui, c'est bien, c'est que tu es heureux n'est ce pas ?".

A cette question, dur de répondre non quand tout nous réussit. Petit rire jaune, sourire fade, oui mais en fait non, pas vraiment. On s'ennuie.

On s'accroche à ses propres réussites, enfin, celles que les autres voient comme des réussites pour essayer de relativiser.

C'est vrai, notre vie n'est pas si merdique finalement.

Pourtant, c'est compliqué.

On sait pas, y a ce brouillard, cette absence de teinte, absence de lumière ou de passion.

J'ai beaucoup ri devant ces moments où on a l'impression qu'il retombait en enfance.

J'ai été en colère quand elle l'a accusé de l'utiliser pour ensuite la jeter.

Je crois qu'on oublie que la cause de nos souffrances est notre propre être.

C'est elle qui a cherché après lui. Elle qui lui a envoyé cette lettre.

Elle qui voulait le recontacter. Elle qui a voulu le voir, et le revoir.

Elle, qui s'est mise devant la porte de sa chambre d'hôtel.

Elle encore qui se met en colère, et elle qui veut lui dire au revoir, proprement.

Il a beaucoup été passif dans tout ça. Il a essayé de s'excuser, mais le mal avait déjà été fait, jadis.

Elle a juste essayé de faire en fonction de ce mal qu'il avait engendré, après son départ.

Et cette parenthèse amoureuse sera synonyme de lourd secret pour tous les deux, emporté jusqu'à leur tombe.

Juste parce qu'on a peur de sortir de son nid douillet rassurant.

Parce qu'on a peur d'affronter la réalité en face.

Celle qui semble dire qu'on est pas heureux, finalement.

KhadidjaSid
7
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le 23 mai 2025

Critique lue 17 fois

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