Il était temps de critiquer le film que j'ai sûrement le plus vu.
Après Shaun of the Dead, j'étais extatique quand Hot Fuzz est sorti. Au premier visionnage, j'ai été un peu déçu, je dois l'avouer...
Mais depuis, à chaque visionnage, le film gagne en perfection.
Des films que j'ai vus, il y a deux chefs d'oeuvre qui reposent sur une narration circulaire et non linéaire : Stalker et Hot Fuzz.
Si Fury Road est une ligne droite, parcourue dans un sens et dans l'autre, Hot Fuzz est un cercle, où chaque tour parcouru ajoute une dose de "WTF" non négligeable.
C'est là le génie du film : faire de la routine (la répétition, encore et toujours, d'évènements peu intéressants qui menacent de pourrir le quotidien du sergent Nicholas Angel, récemment muté à Sanford) le lieu d'une aventure complètement barrée.
Tout ce qu'on voit à l'écran s'est déjà passé et se repassera... Avec quelques menues différences, qui ne font qu'ajouter à ce sentiment de déjà-vu, où les superpositions successives transforment progressivement un paisible petit village d'Angleterre (accoutumé au titre de meilleur village de l'année) en un véritable enfer digne de Doom.
Tout est alors déjà présent lors de la première circonvolution effectuée dans Sanford par Nicholas et son acolyte Danny, et c'est un plaisir grandissant que d'identifier et observer chaque détail annonciateur au fur et à mesure des visionnages.
Et il y a cette blague qui continue de me faire rire à chaque fois que j'y pense :
- "He's appointed himself judge, jury and executioner !"
- "He's not Judge Judy and executioner !"