Ce n'est pas un film fantastique et encore moins un film d'horreur, comme l'affiche pourrait le laisser croire (c'est ce que j'ai cru). Disons que c'est un film qui parle des pressions ressenties par une jeune femme dans la société mexicaine et la réalisatrice a cherché à traduire ça par une ambiance inquiétante et quelque visions horrifiques.
Je sais que certaines femmes dépriment avant et/ou après l'accouchement, mais là, ça prend des proportions homériques. Quand cette déprime s'accompagne de gros doutes sur son orientation sexuelle et des angoisses à l'idée d'être une épouse et une mère, ça commence à faire beaucoup et on se dit que Valeria est mal barrée, tout comme son gentil mari désemparé et sa future petite fille - qui n'a rien demandé à personne. L'angoisse de Valeria se traduit par d'horribles hallucinations qui l'assaillent régulièrement. Une mystérieuse créature muette aux jambes brisées qu'elle est la seule à voir apparaît un soir et se rapproche dangereusement de sa maison et de la chambre du futur bébé. Alors qu'elle doit abandonner son activité professionnelle et transformer son atelier en chambre d'enfant, Valeria a l'impression de devenir folle, ne trouvant de réconfort qu'auprès d'une tante célibataire et d'une ancienne copine de lycée. Se sentant toujours aussi mal après l'accouchement, elle finit par se tourner vers la sorcellerie.
L'amoncellement d'angoisses variées et la montée en puissance des symptômes sont tellement excessifs que ça m'a empêchée d'éprouver de l'empathie. Et ce n'est pas la fin qui a changé quoi que ce soit.
L'actrice se donne à fond dans ce rôle très physique et reste pratiquement tout le temps dans le registre de l'angoisse, avec yeux écarquillés, bouche grande ouverte et craquements de doigts. J'ai trouvé ça un peu lassant à force.
J'ai trouvé ça trop long, surtout parce que l'histoire de Valeria ne m'a pas touchée. Et à la fin, je me suis dit qu'elle aurait pu prendre cette décision beaucoup plutôt et qu'il n'était peut-être pas indispensable de faire appel à la sorcellerie pour aboutir à ce résultat. Mais je pense que la réalisatrice tenait absolument à cette longue scène cathartique.