Ce documentaire retrace de façon pèle-mêle les différentes vagues de migrations humaines du début de la décennie. Syrie, Irak, Soudan du Sud, Afghanistan, Érythrée, Mexique ... tout y passe !
La force des images est telle que le réalisateur se passe d'une voix-off pour commenter son film. Ainsi, nous pourrions lui reprocher ce côté un peu trop contemplatif qui n'affectera que les intéressés à ce phénomène. C'est peut-être une des raisons pour laquelle l'oeuvre est faiblement médiatisée ce qui lui empêche de fédérer autour d'elle. De plus, le format choisi (plus de deux heures et demi) ralentira plus d'un spectateur à venir dans les salles.
Cependant, bien que nous soyons dans de "l'entre soi", le film se veut pédagogique (du moins dans le fond). Après un visionnage, nous serions tentés de politiser le thème et de réclamer un accueil inconditionnel des migrants fuyant les guerres, les dictatures et les famines. Mais là n'est pas la volonté du réalisateur qui ne veut pas entrer dans une réflexion politique mais plutôt humaine et solidaire. Dans ce sens, plusieurs choix forts ont été pris par ce dernier.
Tout d'abord, les causes des migrations sont explicitées tardivement et lorsque la caméra se rend enfin sur le front Irakien, le spectateur est déjà compréhensif de ces millions de situations : il n'a, entre autre, pas besoin de voir la guerre pour assimiler les causes extrêmes qui font fuir ces populations.
De plus, la mise en scène parfois non-naturelle montre une volonté "d'humaniser" les migrants. Ils jouent au football, ils vont sur Facebook, ils font des selfies et pourtant, ils sont parqués dans des navires comme des animaux.
La migration est un long fleuve mais de toute évidence, il n'est pas tranquille.