Après les prometteurs et réussis, premiers pas du frangin Brandon, c'est au tout de la sœur Caitlin Cronenberg de poursuivre une tradition devenue familiale : la réalisation d'œuvres horrifiques et souvent dérangeantes.
Effectivement dès que l'on entrevoit le propos et les développements potentiels de l'affaire, "Humane" suscite quelques espoirs, un peu fous mais bien légitimes: celui notamment, d'une dystopie horrifique perturbée, perturbante, originale peut-être dans son traitement.
Le postulat de départ est alléchant :une planète surpeuplée, des ressources devenues insuffisantes pour nourrir la population mondiale, les gouvernements du monde entier se sont engagés de concert à sacrifier 20 % de leurs populations sur la base (du moins au Canada, du volontariat). C'est dans ce contexte que le patriarche d'une famille aisée réunit ses quatre enfants pour leur annoncer sa volonté, de participer avec sa compagne, au programme d'euthanasie volontaire. Mais évidemment, un événement inattendu perturbe la bonne marche de ce funeste projet pour le transformer en situation incontrôlable.
Passée la présentation des membres de cette famille bourgeoise convenue mais teintée d'un ton sarcastique bienvenu (même si l'approche fait largement écho à la série "Sucession") et le développement de thématiques tout à fait ancrées dans l'air du temps (emprise des puissants sur les plus fragiles, guerre d'ego dans une cellule familiale le tout sur fond de crise écologique), la réalisatrice se joue avec bonheur des premiers écueils, réservant quelques rebondissements (quelque peu) inattendus qui viennent instiller un peu de piquant dans une narration nécessairement linéaire. elle parvient même par instants à s'affranchir des conventions le bien-pensance, révélant des caractères inattendus.
Mais l'ensemble reste bien (trop?) timide, le propos n'est jamais transgressif comme peuvent l'être les travaux de papa et du "bro " Brandon, et même si un certain suspens est entretenu tout du long, "Humane" ne dépasse jamais le cadre du petit thriller en huis-clos que l'on quitte après une heure trente sans regret, tout heureux d'avoir tenu le coup jusqu'au générique de fin.
Gageons que Caitlin ait profité de ce premier long métrage pour "faire ses gammes" et saura dans ses prochains essais oser un peu plus