Cela peut paraître anodin, voire même ridicule, mais prendre un hippopotame en tête d’affiche d’un film d’animal tueur, ce n’est pas une si mauvaise idée. Car outre le fait de renouveler un peu le bestiaire – beaucoup trop cantonné aux requins, crocodiles et serpents –, cela permet d’offrir un tout autre potentiel en matière d’action et d’horreur. Et pour cause, nous avons affaire à une créature herbivore et, sur le papier, aussi pataude que mignonne – comme le précise l’héroïne du film. Bref, qui impose l’empathie. Mais qui, en réalité, s’avère être un animal d’une dangerosité conséquente. Ne serait-ce que par ses caractéristiques physiques – pouvant avoisiner les 4 tonnes pour les plus gros – et comportementaux – une bête amphibie, tout aussi bien à l’aise dans l’eau que sur la terre ferme. Ou encore son côté très territorial, prêt à vous charger sans ménagement si vous vous aventurez dans son espace de vie. Il a beau ne pas être carnivore mais l’hippopotame a de quoi tuer une personne, que ce soit par sa force ou bien sa dentition. Sans chercher à vous manger mais bien tuer pour tuer. Ce n’est pas pour rien que la plupart des accidents enregistrés en Afrique sont plus attribués à ces animaux qu’aux crocodiles. Donc non, Hungry a beau proposer un postulat qui prête à sourire, il n’en reste pas moins intéressant et prometteur dans le genre. Encore fallait-il user de ce potentiel à sa juste valeur. Et cela, le film de James Nunn, n’y parvient pas. Pire, il repompe toutes les tares de ses prédécesseurs, sans se fouler, pour nous apparaître telle une série B bas de gamme. A bien y regarder, Hungry reprend des titres comme Solitaire et Black Water, et ne fait rien d’autre que de remplacer le crocodile par un hippopotame. Toutes les idées qu’un tel animal pouvait engendrer ne sont jamais exploitées. A peine esquissées le temps d’un dialogue pour certaines. Et nous nous retrouvons avec un film lambda, qui se noie dans les clichés et les personnages hautement caricaturaux. Sans jamais créer la moindre tension ni attache envers les protagonistes, qui ne sont rien d’autres que de la chair à canon – et encore, il faut attendre une quarantaine de minutes pour qu’ils le deviennent ! Je ne retiendrai que les effets spéciaux, plutôt convaincants en ce qui concerne l’animal. En mettant de côté les fonds verts discutables et du feu numérique de piètre qualité, l’hippopotame est, quant à lui, assez bluffant. Ce dernier bénéficiant d’un soin technique qu’il faut noter, jonglant entre le numérique et les animatroniques. Et vu le projet et son résultat, c’est plutôt bon de mettre ce seul atout en avant !