Bonjour et bienvenue sur ma critique de Hungry.
Alors là… putain de merde.
On avait déjà eu les requins, les crocodiles, les serpents, les araignées, les piranhas, les ours, les abeilles et probablement bientôt un hamster tueur sous stéroïdes… mais Netflix a visiblement décidé qu’il était temps de s’attaquer à l’hippopotame.
Oui.
L’HIPPOPOTAME.
Le gros machin qui, dans mon imaginaire d’enfant, ressemblait davantage à une énorme boule de tendresse qui passe sa journée dans l’eau qu’à une machine de guerre de quatre tonnes capable de transformer ton squelette en puzzle 3D.
Mais depuis quand ces bestioles sont devenues les nouveaux requins blancs du cinéma ?
On nous avait vendu l’hippopotame comme une espèce de gros Patrick Étoile de mer sous stéroïdes, et maintenant il faut accepter que ça puisse surgir de nulle part pour te bouffer la tronche.
Netflix, vous auriez pu prévenir.
Parce que moi, jusqu’ici, quand je voyais un hippopotame, je pensais plutôt à un animal rigolard avec une gueule énorme et une démarche de mec qui vient de se lever après trois heures de barbecue.
Et là : prédateur ultime.
Le film transforme donc cette énorme baignoire sur pattes en véritable psychopathe aquatique. Et franchement, il fallait oser.
Après, soyons honnêtes : Hungry est plutôt bien réalisé. Il y a une vraie volonté de faire du film de bestiole efficace, avec de la tension, des attaques, des situations qui partent progressivement en couille et cette sensation permanente que les personnages ont pris quelques décisions particulièrement discutables concernant leur espérance de vie.
On retrouve un petit parfum de Anaconda, avec Jennifer Lopez, dans le côté expédition qui tourne au cauchemar et bestiole qui décide que les humains sont finalement beaucoup plus intéressants que prévu au menu.
Il y a aussi un petit côté Solitaire, avec Radha Mitchell : nature hostile, isolement, tension et cette délicieuse impression que chaque personne présente à l’écran a fait une erreur monumentale en venant ici.
Et puis, à certains moments, on bascule presque dans « Partie de chasse en Sologne », mais avec une différence fondamentale : dans le film, les chasseurs ne savent absolument pas qu’ils ont changé de catégorie de gibier.
Parce que le problème avec un hippopotame, c’est qu’à un moment donné, tu peux avoir toute la technologie du monde, des armes, des véhicules, des plans et une équipe de professionnels…
Le bestiau arrive.Il ouvre la gueule.Et soudain, tout le monde redevient un figurant très inquiet dans un documentaire animalier.
Ce qui est assez savoureux, c’est que le film réussit presque à nous faire oublier à quel point l’idée est complètement débile sur le papier.
Un film avec un hippopotame tueur.
Voilà.
Il fallait quand même être sacrément motivé pour se dire :
« Bon, les requins, c’est fait. Les crocodiles, c’est fait. Les serpents, c’est fait… Et si on prenait maintenant le mammifère qui ressemble à un canapé gonflable et qu’on en faisait une machine à massacrer ? »
Et le pire ?
Ça fonctionne.
Pas toujours parfaitement, évidemment. On est clairement dans le cinéma de bestiole, pas dans Citizen Kane. On vient pour voir des gens courir, paniquer, prendre de mauvaises décisions et se faire rappeler que la chaîne alimentaire est parfois une saloperie.
Mais il y a un côté tellement improbable dans le concept qu’on finit par se laisser embarquer.
Et surtout, je ne regarderai probablement plus jamais un hippopotame de la même manière.
Avant :
« Oh, regarde, il est mignon ! »
Après Hungry :
« non non non je ne vais pas manger dans ce restaurant à volonté, j'ai trop peur sa mere en string. »
À ce stade, je demande juste une chose à Netflix : laissez les pandas tranquilles.
Parce que si demain vous me sortez « Panda : Blood Lake », avec un panda qui massacre une équipe de randonneurs dans les Rocheuses, je ne réponds plus de rien
la bise