Mon cycle AventureS 2024-2025 se poursuit.
Encore et toujours de Ridley Scott (!), après le mythe « Gladiator » et l’éminent « Robin des Bois », je me suis approché du majestueux, pictural et envoûtant « 1492 : Christophe Colomb », superproduction titanesque et vangelisquement frissonnante (à la gloire des dieux) sur le personnage qui a ouvert la voie sur le Nouveau-Monde.
Ensuite, j’ai visionné l’épopée guerrière gibsonnienne/williamsienne « The Patriot », ce film de guerre épique et historique, par le réalisateur de « Stargate » et de « Godzilla » (Roland Emmerich), se basant sur les faits qui ont conduit à l’indépendance des Etats-Unis (1776).
« Lincoln », qui clôture mes fêtes de fin d’année et qui restera cette œuvre majeure retentissante dans la longue carrière de Steven Spielberg ainsi que son film-somme, relate les événements qui ont conduit à la fin de la Guerre de Sécession et à l’abolition de l’esclavage en 1865 durant le second mandat d’Abraham Lincoln (majestueux Daniel Day-Lewis).
En ce début d’année 2025, mon tout premier coup de cœur a été pour l’implacable « Un justicier dans la ville », de Michael Winner, avec le pistolero Charles Bronson charismatique en justicier de la mort. Boum !
« Jouer avec le feu », cinéma social par excellence, et qui a été en ce 24/01/2025 ma deuxième sortie cinéma de l’année, magistralement interprété par Vincent Lindon, Benjamin Voisin et Stefan Crepon, brasse avec intelligence les thèmes de l’incompréhension d’un père face à la dérive vers la violence de l’un de ses fils.
Magnétique, poignant et vibrant, un très beau coup de chapeau de la part des réalisatrices en herbe (les sœurs Coulin) pour une belle leçon de cinéma.
Le fabuleux documentaire « Sharon Stone, l’instinct de survie » (enregistré il y a quelques semaines) m’a permis de me rafraîchir la mémoire sur cette femme engagée et combattante devenue une sex-symbol avec les « Basic instinct », « Sliver », « L’expert », « Dernière danse ». Une militante, également, pour les droits des femmes (une féministe avant l’heure metoo !), considérée comme ‘les plus grosses paires de couilles de Hollywood’ par les patrons des studios. Et elle est devenue, avec le temps, une immense icône planétaire.
Après ce doc sur l’égal d’un DeNiro au féminin, j’ai visionné une nouvelle fois « Mort ou vif » pour apprécier la partition plus qu’exceptionnelle (et silvestrienne ! -côté musique) du monstre sacré Sharon Stone qui me bluffe à chaque fois.
Western-duel Hackman/DiCaprio pour un jour, Sharon Stone pour toujours !
En ce 27/02/2025, j’ai appris le décès de l’acteur américain Gene Hackman, de sa femme et de son chien.
Ce n’est ici pas un hommage que je lui rends après avoir regardé ce soir-même « Ennemi d’état » (formidable thriller pré-futuriste nerveux de Tony Scott à la sauce 90’s -Bruckheimer oblige !- doté d’un affrontement Hackman-Voight au sommet avec un Will Smith parfait dans ses chaussures) mais plutôt le privilège de cet acteur mythique de m’avoir fait aimé le cinéma en général, et surtout un immense honneur et bonheur que de savoir cette étoile hollywoodienne à jamais gravée dans nos mémoires, nos cœurs, et notre culture cinéphilique.
Mes très chers spectateurs, si Superman est impitoyable, Lex Luthor doit être retrouvé ...mort ou vif !
Monsieur Gene Hackman, permettez moi d’adresser à toute votre famille mes regrets éternels. Monsieur Hackman, dormez en paix.
En ce 26/03/2025, j’ai découvert dans les salles obscures un véritable bijou de la comédie dramatique à la française : « Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan ».
Coup de cœur cinéphilique immédiat de ma part, ce film est un hymne solaire, vibrant, poignant et touchant par la sincérité de son propos. Liberté, solidarité, relation mère-fils, autant de thèmes brassés avec chaleur, luminosité… et jamais sans complaisance, et toujours sur le ton de l’humour.
Avec un certain panache, on retrouve un Jonathan Cohen bien dans ses baskets (et dans l’un de ses meilleurs rôles à n’en pas douter), une Leïla Bekthi (qui nous surprend aisément en bien) qui nous régale en mama protectrice et tendre, et la divine Sylvie Vartan qui apporte une sensation divine et subliminale de bien être.
Un film, d’une infinie tendresse, que je recommande pour tout amateur de comédie rafraîchissante, solaire, divine… . Un film méditerranéen dans toute sa splendeur.
Longue vie à l’interprète de « La maritza », Madame Sylvie Vartan !
Pour saluer un acteur que j’admire énormément, j’ai décidé de me pencher sur Denzel Washington à travers un documentaire Arte et l’une de ses meilleures interprétations, celui d’un célèbre ex-boxeur détenu prisonnier dans un film d’un certain Norman Jewison (« Hurricane Carter »).
Après avoir visionné le doc (enregistré sur Arte il y a déjà quelques années), sobrement intitulé « Denzel Washington, un modèle américain », je ferai ressortir trois points principaux.
Le premier ? A travers ses trois premiers principaux rôles au cinéma qui s’additionnent (« Cry freedom », « Glory » et « Malcolm X »), le chemin vers un Hollywood non conventionnel, atypique s’ouvre pour Denzel : son modèle type de l’afro-américain en tant qu’acteur est né.
La deuxième raison pour regarder ce doc, c’est que Denzy s’égratigne également avec ses rôles à double-tranchant (et surtout grâce à « Training day », « Man on fire », « Flight ») qui le soulève comme un porte-parole légitime envers le peuple qu’il représente.
Fort de sa carrière en tant qu’acteur, le troisième enjeu de ce doc montre un Denzel réalisateur (« Antwone Fisher », « The great debaters » et « Fences ») qui le fait revenir à ses origines avec les cicatrices d’une Amérique raciste.
Le documentaire, en une heure de temps, dresse finalement le portrait d’une Amérique blessée par ses cicatrices qui ne se relèvera pas si facilement de ses cendres.
Un très beau doc sur l’Histoire de l’Amérique et des Etats-Unis ; à regarder impérativement, donc, pour tout amateur d’histoire.
J’en arrive ainsi à « Hurricane Carter », monument de cinéma d’après les infos que j’ai pu entendre et lire, je l’espère.
C’aurait pu être une blague. Mais non. Val Kilmer est bien décédé le 01/04/2025. Oui, vous l’avez bien lu : Val Kilmer ! L’un des acteurs qui m’a fait découvrir le cinéma à travers (dans le désordre) « Tombstone », « Top gun », « Batman forever » puis « Alexandre » lors de sa sortie cinéma. Oui, ça m’a fait un choc d’apprendre cette nouvelle, aussi fracassante soit elle !
Permettez moi, ce soir, non pas de me confronter à l’un de ses trois meilleurs rôles (qui sont pour moi Jim Morrison des « Doors », Doc Holiday de « Tombstone » et l’homme de main de DeNiro dans « Heat » -n’ayant pas encore vu jusqu’à aujourd’hui toute sa filmographie), mais à « Batman forever », ce divertissement culte (au casting luxurius !: Lee Jones, Carrey, Kidman, O’Donnell, Gough, Hingle) qui appartient désormais au statut de film iconique des 90’s.
Monsieur Val Kilmer, si vous m’entendez, vous resterez à jamais gravé dans ma mémoire : merci. Paix à votre âme.
Retour à notre monstre sacré afro-américain préféré (Denzy) avec l’un de ses rôles les plus monumentaux des 90’s (d’après mes infos) avec « Hurricane Carter ».
J’en ressort de mon premier visionnage avec sidération. C’en est époustouflant, remarquable : une très belle réussite même. Un film judiciaire comme on n’en fait plus et une interprétation de Denzel Washington phénoménale, à la hauteur de mes attentes : les deux récompenses glanées par Denzy en 2000 (l’Ours d’argent et le Golden globe) sont amplement méritées. Oh yeah !
Avec « Hurricane Carter », je n’ai nul besoin de donner de synopsis mes très chers amis spectateurs, vous comprendrez aisément les tenants et les aboutissants de ce drame, adapté en partie d’après l’autobiographie de Rubin ‘Hurricane’ Carter.
L’histoire qui se déroule sous nos yeux est menée avec discernement, oui, mais elle est d’abord racontée du point de vue des noirs mais reprise par les droits moraux des blancs dans sa seconde partie. Un semblant de schmilblick mais pas tant que ça étant donné la fluidité du récit. Qui se fait récit d’apprentissage fondé sur une Amérique plongée dans la discrimination raciale des 60’s. « Hurricane Carter », c’est une histoire sur l’emprisonnement d’un boxeur déchu par la ‘pègre blanche’ qui cherchait un coupable idéal, à savoir le boxeur noir Rubin Carter.
C’est une histoire ancrée à merveille dans le contexte des 60’s dans les quartiers afro-américains de New York jusqu’aux 90’s qui voient les libertés individuelles envers les nègres s’affranchir.
« Hurricane Carter » s’enorgueillit d’un récit sur la culpabilité d’un homme noir pris dans le filet des hommes blancs qui ont écrit des lois pour rendre coupable des hommes innocents.
Ainsi, l’accroche filmique se fait imparable sur la justice américaine dans toute sa splendeur. En découle une écriture filmique sans complexe (malgré les flashbacks utilisés à bon escient pour raconter la vie de Rubin ‘Hurricane’ Carter, de son enfance à son emprisonnement pour avoir été au mauvais endroit au mauvais moment) qui pioche dans la richesse du cinéma américain des 70’s par la méticulosité et la rugosité dans l’art du montage de la mise en scène du scénario (je pense bien sûr à « Dans la chaleur de la nuit », « Shaft » de Gordon Parks, mais aussi à « Bullitt » avec Steve McQueen) : l’attachement pour le personnage principal y est pour beaucoup grâce notamment à la voix off nous racontant sa part de vérité, ses doutes, mais aussi ses combats (de boxe, et contre la justice, la sienne, et celle dont il ne peut avoir confiance).
Le scénario, à tiroirs, ainsi dense, riche et complexe, nous offre un panorama sur la justice américaine sur trois décennies.
« Hurricane Carter » peut se targuer d’avoir un scénario brillant et complet sur le système judiciaire américain sur trente années importantes qui ont vu la ségrégation et le racisme prendre une dimension internationale : de la lutte des classes et de l’embrasement de la société américaine avec le Ku Klux Klan à Nelson Mandela (en Afrique du Sud) en passant par Martin Luther King ou Malcolm X (que Denzel Washington a également incarné), le réalisateur Norman Jewison milite (grâce à son personnage principal qui donne de l’allure à ce combat) ici pour le droit et l’égalité des hommes.
Le duo de scénaristes est ici composé de deux virtuoses qu’on peut élever au rang de meilleurs scénaristes des années 1990-2000 : il s’agit d’Armyan Bernstein (davantage actif comme producteur, « Air force one », « Spy game », « Open range », « Les fils de l’homme »… sont à mettre à son crédit) et de Dan Gordon (les papiers de « Passager 57 », « Wyatt Earp » -de Lawrence Kasdan- et « Meurtre à Alcatraz » sont de lui). Tous mes flashbacks… pardon, chapeaux !!!, messieurs les scénaristes.
Avec « Hurricane Carter », la mise en scène est somme toute classique, avec des flashbacks qui desservent admirablement le propos du film, mais qui accroche grâce au propos dramatique du film et à une musique de Christopher Young (compositeur spécialiste de l’horreur : « Hellraiser », « La mutante », « Intuitions » -de Sam Raimi-, « Sinister », ...) fluide et prenante, tout comme le sont les chansons soul et jazzy, à l’image de « Hurricane » de Bob Dylan : woao !
La mise en scène ultra-classique de Norman Jewison agencée en un montage linéaire qui n’altère aucunement le sens du rythme de l’histoire à travers ces flashbacks directifs et quand même découpés avec soin, le réalisateur n’offre ainsi jamais sa vision et la portée du message du film. Le metteur en scène, canadien d’origine, du polar « Dans la chaleur de la nuit », ne se fait pas non plus le porte-voix de Denzel Washington. Jewison lui laisse également le soin d’endosser son rôle. Et par dessus la barre des accusés, le réalisateur de « Rollerball », derrière sa caméra, se fait l’alter-ego de l’acteur qui est déjà passé par la case « Philadelphia ».
La mise en scène du réalisateur de « F.I.S.T. » se fait, avec toutes ces additions, ronronnante et est malgré tout et fort heureusement transcendée par l’invulnérabilité de Rubin ‘Hurricane’ Carter.
Nous avons ainsi affaire à un drame humain poignant de réalisme de part l’aura du personnage qu’incarne Denzel Washington, lui qui possède trois collaborations à son actif avec le réalisateur du « Kid de Cincinnati » !: « A soldier’s story », « A century of cinema » et « Hurricane Carter » (ici).
Je peux dire qu’il s’agit d’un film judiciaire maniéré qui ne titille aucunement nos sens sauf par la prestance incandescente de Denzel Washington (qui a également tourné huit films avec Spike Lee parmi lesquels « Malcolm X », « He got game » et « Inside man »).
Norman Jewison, même s’il milite pour les libertés individuelles, laisse sur le banc des accusés sa présomption d’innocence pour nous accuser et faire de nous le coupable idéal, celui de regarder son film… ! Hou-là... yo de la hi-ho !
La mise en scène est finalement ridicule et émouvante car portée par un Denzel Washington habité comme jamais par son rôle (il s’est astreint à un réel entraînement jusqu’avant le tournage pour devenir un véritable athlète pour les besoins des passages en noir et blanc).
Une interprétation puissante en ressort et c’est par un K.O. cuisant et assourdissant que l’on ressort de ce drame judiciaire haletant de deux heures trente. Paw ! (uppercut général).
Denzel Washington (oscarisé, pour un second rôle, sur « Glory », berlinois d’argent pour « Malcolm X » et pour le film dont je fais ici l’analyse, oscarisé meilleur acteur en 2002 pour « Training day ») est éclatant de vérité, dans l’un de ses meilleurs rôles de toute sa carrière, sans aucun doute. Droite, gauche… droite, gauche… ton gauche, Denzy, ouais !
Un jeu d’acteur excellentissime, au cordeau. Une interprétation au couteau (c’est le cas de le dire !), coup de poing. Bim !
Subtil et sublime, l’acteur aujourd’hui passé par « L’affaire pélican », « American gangster », « Unstoppable », « The equalizer » (… et tant d’autres !) embrase, avec brio et véracité, les causes et la vision cauchemar de l’afro-américanisme sur les terres de l’Oncle Sam. Bravo Denzel !
Denzy, ça c’est que j’appelle la classe à l’internationale. Ou quand notre monstre sacré d’Hollywood démontre toute sa puissance et sa démesure. Denzy… et encore Denzy.
Merci Monsieur Washington.
En-dessous de Denzy, l’interprétation générale est aux petits oignons, les seconds couteaux sont affûtés et affûtant :
- le sympathique trio Liev Schreiber (« Scream », « La rançon », « Un crime dans la tête » de Demme, « Salt », « Spotlight »)-Deborah Kara Unger (elle a côtoyé toutes les stars durant les 90’s-2000’s : Nicole Kidman, Rosanna Arquette, Michael Douglas, Mel Gibson, Sean Bean, Pacino)-John Hannah (il a eu son heure de gloire pour « La momie » -de Stephen Sommers- !) est gentillounet
- Dan Hedaya (« La vie privée d’un sénateur » -de Schatzberg-, « Les prédateurs » -de Tony Scott-, « Usual suspects », « Nixon », « Shaft » -de Singleton-) incarne un merveilleux inspecteur de police corrompu jusqu’à la moelle
- Rod Steiger, en juge de la cour suprême, crâne rasé, impose son charisme, en même pas cinq minutes ! Tournant trois fois pour réalisateur (« Dans la chaleur de la nuit », « F.I.S.T. » et « Hurricane Carter ») et oscarisé pour « Dans la chaleur... », il restera une figure incontournable du septième art : « Sur les quais », « Main basse sur la ville », « Le docteur Jivago », « Il était une fois la révolution »
- Harris Yulin (« Scarface », « Danger immédiat », « Training day »), qui apparaît en tout et pour tout même pas quinze minutes tout le long du film, est délectable en directeur odieux de la prison
- Clancy Brown (avant de s’adonner au doublage à partir des années 2000, il a joué dans « Highlander », « Randonnée pour un tueur », « Starship troopers », « Les évadés »...), l’un des matons les plus respectables du pénitencier.
Avec également Vicellous Shannon (davantage vu dans les séries télé : « 24 heures chrono », « Les experts ») et Vincent Pastore (si Scorsese et De Palma l’ont invités dans la mafia, « Les Sopranos », « Revolver » et « Malavita » l’a désormais installé dans le genre).
Quant à Mohamed Ali, Ellen Burstyn, Joe Frazier, Bob Dylan et Rubin Carter, ils apparaissent vraiment dans les images d’archives proposés par Norman Jewison !
Pour conclure, « The Hurricane » (de son titre originel), sorti dans les salles obscures en mars 2000, plaidoirie washingtonnienne à double tranchant (!) sur la naissance d’une nation pas comme les autres (les Etats-Unis), peut se targuer d’être un biopic brave, édifiant et courageux du metteur en scène du drame « Un héros comme tant d’autres » grâce à un montage filmique d’une rare intelligence scénaristique.
Un petit chef d’œuvre du réalisateur Norman Jewison (« L’affaire Thomas Crown », « Agnès de dieu » -avec Jane Fonda-) avec Denzel Washington.
Si l’innocence est un état d’esprit qui nous apporte liberté, alors il nous faut ‘cry freedom’ spectateurs !
PS : le directeur de la photographie n’est autre que Roger Deakins, chef opérateur qui a collaboré avec les plus grands réalisateurs de ces trente dernières années : les frères Coen (« Barton fink », « The barber », « True grit », …), Sam Mendes (« Jarhead », « Skyfall », « 1917 », …) mais aussi Darabont, Scorsese, Daldry, Denis Villeneuve, … !