Chicago,2035.La société est envahie de robots serviables et soumis qui accomplissent toutes les tâches subalternes auxquelles les humains n'aiment pas se consacrer.Mais un scientifique pionnier de cet essor domotique,le docteur Lanning,est assassiné et Del Spooner,le flic borderline chargé de l'enquête,soupçonne que le meurtrier serait un de ces robots fabriqués par l' entreprise dirigée par le puissant Robertson et pour laquelle travaillait Lanning.Ce film n'a pas bien marché car il a eu le tort d'arriver trop tard.Tel quel,ça ressemble à un patchwork d'influences aussi prestigieuses que diverses qui brassent l'ordi manipulateur de "2001",le design et le flic anti-androïdes de "Blade runner",le policier hybride homme-machine de "Robocop",le robot humanisé de "A.I." et la révolte des machines de "Terminator".Pourtant,le scénario adapte plusieurs romans du grand Isaac Asimov datant des années 50,mais ce "I,robot" tardif s'est fait griller au cinéma par les oeuvres précitées dont certaines ont été écrites par d'autres sommités de la littérature SF comme Arthur C. Clarke ou Philip K. Dick.Pas de chance donc pour le trop rare Alex Proyas,seulement sept longs-métrages en 31 ans,dont le sombre et magnifique "Dark City" de 98 est mémorable.C'est d'autant plus ballot que le réalisateur effectue un excellent boulot et nous octroie des plans magnifiquement shootés avec une science du mouvement,de l'angle juste et de la maîtrise de l'espace absolument bluffante.Il peut en outre s'appuyer sur une grosse direction artistique,notamment pour ce qui est des décors futuristes,au look "Blade Runner" donc,signés Patrick Tatopoulos,un cador de la spécialité,l'ensemble étant soutenu par la musique adéquate du très bon Marco Beltrami.Le scénario en forme d'enquête policière se révèle tortueux et mystérieux à souhait,tout en étant régulièrement ponctué de séquences d'action spectaculaires de haute voltige.Le fond de l'histoire est évidemment l'avertissement fréquemment donné par les auteurs de SF quant aux ravages que peut causer à nos vies une technologie de plus en plus dominante.L'homme abandonne progressivement aux machines toutes sortes d'activités dont il se chargeait lui-même,ce qui engendre,en même temps qu'un confort certain,une déresponsabilisation humaine qui peut devenir dangereuse dans la mesure où l'on sait qu'aucune machine ne peut être éternellement et entièrement fiable.Bien sûr,il y a loin d'ici que les outils technos se retournent contre leurs créateurs,et ça reste de la fiction tant que ceux qui contrôlent ces appareils au plus haut niveau ne s'en servent pas pour asservir les populations,ce qui est une possibilité paraissant de plus en plus proche et même déjà partiellement concrète.Dans son dernier quart,le film a hélas tendance à s'effondrer quelque peu,en dépit de twists bien trouvés.L'intrigue patine et l'habituelle morale hollywoodienne simplette refait surface avec ces vilains humains,des apprentis sorciers bien punis pour leurs fautes par des robots plus malins qu'eux,tout ça pour finir dans un happy-end stupide et peu crédible émaillé de leçons de vie à deux balles et d'oecuménisme humano-ferraillesque.Will Smith,très doué pour la comédie,n'est visiblement pas l'acteur idéal pour incarner Spooner tant il peine à convaincre dans le registre sérieux.Bridget Moynahan est en revanche sexy et charmante en scientifique qui ne rechigne pas à collaborer à la recherche de la vérité.Belles participations également de Bruce Greenwood en homme d'affaires cassant et carnassier et de James Cromwell en vieux savant dépassé par ses inventions.Dans un petit rôle,on voit Shia LaBeouf,qui se castagne avec des robots trois ans avant "Transformers".

pierrick_D_
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le 5 sept. 2020

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