Dernier long métrage en date d'un cinéaste franco-tchèque né à Prague et paradoxalement méconnu chez nous dont il me reste à explorer la courte filmographie, "Il Boemo" est basé sur la vie d'un compositeur d'opéra italien du XVIIIe siècle d'origine tchèque, Josef Mysliveček, racontée en flashback depuis ses dernières heures syphilitiques, le visage ravagé et masqué, à commencer par son arrivée à Venise pour étudier la composition, une trajectoire qui l'amènera à rencontrer le jeune Mozart, admirateur de sa musique, et à sacrifier l'amour de sa vie pour obtenir les moyens de son succès. Un véritable bijou au moralisme cruel qui peut difficilement cacher sa filiation, l'ombre de "Barry Lyndon" planant sans équivoque sur son atmosphère éteinte (éclairée à la bougie ?) et morbide de regrets et de temps assassin, autant que sur l'esthétique de ses intérieurs et son récit de concessions à l'ambition qui consument le coeur et la raison (et "Barry Lyndon" étant l'un de mes films préférés depuis toujours, autant vous dire que je ne fais pas cette analogie à la légère). L'un de mes coups de coeur des années 2020 jusqu'ici.