Il Maestro
6.9
Il Maestro

Film de Andrea Di Stefano (2025)

"À l’opposé de La Méthode Williams et de son formatage mental de la victoire, Il maestro explore le grand écart entre la théorie et la pratique. Felice n’a aucune initiative sur le court : c’est son père qui lui dicte chaque coup gagnant et qui détermine chaque trajectoire de balle. La posture défensive inculquée entre alors en contradiction avec la discipline de fer imposée. Tiziano Menichelli campe magnifiquement ce pré-adolescent candide qui sort peu à peu de sa bulle. Face à lui, Raoul — entraîneur gigolo, opportuniste solaire — monopolise l’attention du spectateur. Leur alchimie ne fait aucun doute à l’écran : on aime les voir se disputer et se rabibocher aussitôt, fusionnels dans leurs défaites partagées. Lorsque Felice s’endort sur le terrain, son coach en fait autant. Ensemble, ils vont apprendre à se faire confiance, à mieux communiquer, à ne pas reculer — et c’est là que réside la vraie force du film. Di Stefano ne filme pas le tennis ou les corps de manière érotique et sulfureuse comme Challengers. La caméra reste en contrechamp du jeu, car ce qui l’intéresse, c’est l’alchimie entre ses deux personnages hors des courts, proche du cœur."


"Malheureusement, ces instants d’intimité restent trop brefs, et le film brouille progressivement sa narration en tirant sur toutes les ficelles à la fois sans en choisir une. [...] On bascule trop brusquement dans un registre mélancolique convenu, laissant en plan plusieurs personnages secondaires pourtant prometteurs — le père de Felice, l’ancienne coach de Raoul. Le discours se fait par endroits trop souligné — une scène dans une chapelle en est l’exemple le plus symptomatique — tandis que certains passages s’enchaînent au rythme d’un clip, privilégiant l’efficacité narrative à l’émotion durable."


"Il maestro avait tout pour être une œuvre inspirante et émouvante. Les intentions sont là, le duo fonctionne, la tendresse est réelle. Mais faute de radicalité dans sa dernière ligne droite, le film n’emporte pas pleinement. Une occasion à moitié manquée — ce qui, au fond, colle assez bien à son sujet. Un film solaire qui manque d’éclat alors que la balle était dans son camp."


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Cinememories
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le 11 mars 2026

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