C'est un film de femmes, au scénario et à la réalisation. Et c'est sa singularité, pour l'époque. Ça ne fait pas pour autant un bon film.
Edwige Feuillère est une indépendante et célèbre sculptrice dont un petit mensonge anodin fait croire à son nouvel amoureux (Fernand Gravey) et à son ami et Imprésario (Henri Guisol) qu'elle a un amant.
Sur le mode théâtral, la comédie ne se poursuit que parce que les deux hommes sont crédules et entêtés jusqu'à la bêtise. Et peut-être est-ce l'objectif des autrices, comme une vengeance ou un contrepied, de montrer des hommes que leur sottise aveugle.
Malheureusement, le sujet du vaudeville est faible, avec des incidents futiles et des dialogues inégaux de Marc-Gilbert Sauvajon, qu'on a connu plus inspiré. La stupidité des deux personnages masculins qui s'obstinent dans leur erreur rejaillit sur le film et n'est plus vraiment un argument comique, juste un procédé qui finit par agacer. La jalousie maladive de Fernand Gravey donne lieu, par ailleurs, à des moments assez inconcevables.
Si l'intention des autrices était de se jouer d'un duo de mâles pas futés, dans la pratique, leur comédie manque de subtilité et d'une posture féministe qui aurait sans doute élevé le propos.