Adaptation très attendue d’un monument de l’animation japonaise par un des meilleurs cinéastes Coréens en activité, Illang arrive sur nos écrans directement sur Netflix sans passer par la case cinéma et c’est bien dommage, même si cette version live du chef d’œuvre d’Hiroyuki Okiura n’est pas exempte de défauts.


En effet, si le métrage reprend fidèlement la trame de l’anime, il ne parvient jamais à renouer avec la poésie mélancolique et le nihilisme qui le caractérisait (voir l’utilisation très maladroite de la superbe musique de Hajime Mizoguchi). De plus, la métaphore autour du petit chaperon rouge et la romance douloureuse au cœur du récit sont traités différemment et relayés au second plan au profit de la guerre entre services gouvernementaux qui n’était qu’un prétexte dans la version japonaise. On notera également que l’idée très intéressante de resituer l’action du film dans une Corée réunifiée et dystopique n’est jamais vraiment exploitée.
Enfin, la narration se veut plus explicative et moins allégorique ce qui rend l’ensemble beaucoup plus prévisible et vient atténuer la dimension tragique des personnages comme en témoigne le choix de coller un trauma matriciel inutile au héros.


Les fans de l’anime risquent donc d’être déçus car Kim Jee-Won s’éloigne clairement de l’atmosphère intimiste de l’original pour livrer un thriller politique mâtiné d’actionner bourrin.
L’ensemble n’est cependant pas déplaisant à suivre du tout malgré quelques longueurs et ce grâce à une mise en scène efficace (même si Jee-Won est moins ambitieux que dans ses précédents essais) et à des morceaux de bravoure spectaculaires. C’est d’ailleurs lors de la dernière grande scène d’action que Jee-Won parvient enfin à transcender le film original en rendant justice à l’aura inquiétante et prédatrice du mythique Panzer Cop.


Illang est donc un bon divertissement mais qui exige d’oublier Jin Roh et son atmosphère unique pour être apprécié à sa juste valeur. Le film aurait peut-être gagné à ne pas reprendre les péripéties de son modèle et à s’en détacher davantage pour éviter toute comparaison…

Diego290288
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.

Créée

le 21 oct. 2018

Critique lue 2.3K fois

Diego290288

Écrit par

Critique lue 2.3K fois

10

D'autres avis sur Illang : La Brigade des loups

Illang : La Brigade des loups

Illang : La Brigade des loups

6

Moizi

2569 critiques

Un coup d'un soir

Cela doit bien faire 10 ans que je dois voir Jin Rô, mais je ne l'ai toujours pas fait. C'est donc sans savoir de quoi ça va causer, si ce n'est vaguement que c'est en rapport avec le petit Chaperon...

le 21 oct. 2018

Illang : La Brigade des loups

Illang : La Brigade des loups

7

Voracinéphile

1012 critiques

Jin Roh, le retour

Avec une introduction politique moderne un peu inquiétante (on parle de russie et d'amérique accentuant la déchirure entre les deux corées, #trumpenpls) et une intro calquée sur l'ouverture du film...

le 20 oct. 2018

Illang : La Brigade des loups

Illang : La Brigade des loups

4

Si lent : La Brigade des Mous

Passée l'introduction, le film est une bouillie narrative sans structure, mal incarnée par des acteurs sans conviction qui peinent à donner corps à leur personnage. Pourtant c'est le genre d'univers...

le 5 déc. 2018

Du même critique

Jason Bourne

Jason Bourne

5

Diego290288

262 critiques

L'épisode de trop...

Après une première trilogie cohérente et globalement réussie (on oubliera volontairement le spin-off raté avec Jeremy Renner...), on pensait que le duo Damon / Greengrass volerait vers d'autres...

le 10 août 2016

L'Interview qui tue !

L'Interview qui tue !

6

Diego290288

262 critiques

THEY HATE US CUZ THEY AIN'T US !

On ne va pas revenir sur tout le cirque politico-médiatique engendré par The Interview car n'en déplaise aux naïfs qui y voient une violente charge politique et aux hipsters qui dénonceront une...

le 25 déc. 2014

Ghost in the Shell

Ghost in the Shell

3

Diego290288

262 critiques

EMPTY SHELL

Il est très difficile pour moi d'être objectif concernant Ghost in The Shell sachant que les films de Mamoru Oshii et la formidable série Stand Alone Complex ont été de véritables traumatismes geek...

le 30 mars 2017