Le film Illusions perdues veut montrer un Paris d'époque. Les musiques, même si elles sont parfois anachroniques, parviennent parfaitement à appuyer ce sentiment. Les décors aussi, bien qu'ils manquent de détails et donnent finalement un air trop épuré. La voix off elle, au contraire, nous fait au contraire tomber de notre calèche : elle décrit des éléments pour nous donner l'impressions d'une richesse d'éléments. Seulement, ses interventions coupent le film pour lire le roman.
De plus son omniprésence gâche l'histoire. Elle assure que tout ça n'est qu'une histoire dont la fin est prévue. Ainsi, on a du mal à s'attacher à Lucien, pas uniquement par son manque cruel de définition qui nous empêche de les comprendre, lui et ses actes (par exemple : le combat interne entre le poète et celui qui veut devenir noble n'est pas du tout clair), mais surtout parce que son destin est inexorable, et que l'on n'a aucun espoir de victoire. On ne sait pas comment hiérarchiser la relation avec Coralie par rapport à celle avec Louise, puisque le romantisme entre l'actrice et le journaliste disparait après la scène de la rédaction du premier article. Trop des d'acteurs ne sont ni bons ni mauvais, et la réalisation est assez commune.
Pour une telle tragédie, on aurait dû ressentir quelque chose de beaucoup plus puissant. Dommage, l'illusion n'a pas fonctionnée !