9
le 28 sept. 2021
SuivreUn contrat plus qu'honoré
Illusions Perdues parvient à nous emporter avec panache et brio au cœur de la tourbillonnante Comédie humaine chère à Balzac, plus contemporaine que jamais. Pour un littéraire talentueux, il est...
Alors, oui, bien sûr il y a la langue de Balzac et le plaisir des mots et des bons mots, les décors impressionnants, les costumes flamboyants et tout le faste de la Restauration. Il y a les musiques classiques qui collent si bien à l’histoire qui nous est racontée, le cynisme de Vincent Lacoste, le beau minois de Benjamin Voisin, la voix de Xavier Dolan, la dernière apparition de Jean-François Stévenin...
Mais il y a surtout cette peinture des journalistes parisiens à l'époque de la Restauration et le tableau de ce moment de l’Histoire où l’explosion des petits journaux pamphlétaires et la gouaille et le verbe faisaient et défaisaient la réputation d’un homme, d’une comédienne, d’un livre ou d’un spectacle.
Un tableau assez noir, et pourtant jubilatoire, qui n’est pas sans rappeler, d’un siècle à l’autre, la manipulation de l’opinion publique par une certaine presse et ce qu'on appelle aujourd'hui le marché de la « fake-new ».
Alors c’est sûr que lorsque « l'information » se fait le relai de cancans et surfe sur la raillerie, la moquerie et en appel aux émotions et à la subjectivité plutôt qu’à la discussion, à l’analyse ou aux débats d’idées, la légitimité de la parole, et plus spécialement celle de la parole politique, n’est pas au rendez-vous.
D’ailleurs le personnage de Vincent Lacoste ne se fait aucune illusion sur la valeur ou la pérennité de ses écrits. « Mais ça n'a aucune importance. Ce qu'on écrit n'a aucune importance, c'est oublié le jour même. N'oublie pas que ça finit par emballer le poisson », explique-t-il à Lucien au sujet d'un article qui en toute mauvaise foi accable un auteur.
Les « illusions perdues » de Xavier Giannoli ce ne sont pas seulement celles du héros balzacien au funeste destin mais aussi celles d’une liberté de conscience et de penser, d'une liberté d’agir et d’être qui ne dépendrait que ne nous.
Comme disait Pierre Bourdieu avant lui : « On ne nait pas le sujet de ses pensées, on devient le sujet de ses pensées à condition, entre autres choses, de se réapproprier les instruments et les objets de pensée et la connaissance des déterminismes ».
Quoi dire de mieux ? J'ajouterais juste, pour que la raison du plus fort ne soit pas la meilleure, aux livres citoyens et (re)lisons Balzac.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films sur le journalisme
Créée
le 18 nov. 2022
Critique lue 17 fois
9
le 28 sept. 2021
SuivreIllusions Perdues parvient à nous emporter avec panache et brio au cœur de la tourbillonnante Comédie humaine chère à Balzac, plus contemporaine que jamais. Pour un littéraire talentueux, il est...
5
le 9 avr. 2022
SuivreJ’aurais pu mettre 8. J'aime pourtant beaucoup d'habitude Giannoli : L'apparition et Marguerite sont de très bons films. Ici, les acteurs sont presque tous bons, Balibar et De France en tête, en...
6
le 15 oct. 2021
SuivreBalzac, l’un des romanciers français les plus connus et l’un des plus adaptés au cinéma. Pourtant, lorsque l’on regarde la liste des adaptations de ses œuvres, la plupart se sont faites avant les...
8
le 14 août 2021
SuivreDans cette mini-série (diffusée en ce moment sur Arte), c’est avec humour, perspicacité, sensibilité et inventivité que la réalisatrice, Isabel Coixet, met en scène les nouveaux rapports amoureux...
4
le 10 mai 2024
SuivreMis à part une voix-off qui mettait un peu de sens et parfois de jolis mots sur de belles images, je me suis souvent ennuyée devant cette histoire "inspirée de faits réels" vraiment invraisemblable...
8
le 16 août 2022
SuivreDans son quatrième long-métrage Mike Nichols poursuit son introspection des relations homme-femme commencée dans "Le Lauréat" en imaginant sur un ton satirique les confidences entre deux copains de...