Quelles sont nos peurs les plus primales ? Nos phobies les plus terrifiantes ? L’intrusion est au cœur de ce récit. La peur qu’elle génère anticipe, promet la souffrance, l’innommable à venir. Après, il y a l'horreur, c’est-à-dire l'exécution de la promesse. Dès l’ouverture nous sommes embarqués dans une tension qui ne nous lâche pas. Le mal est là, dans la voiture, dans la maison tout d’abord ( au sein de laquelle l'intrusion inévitable ressemble à un viol de l’intimité) . Nous ne connaissons rien de ces « ILS » ni leurs mobiles ni leurs objectifs ... La maison est à elle seule un personnage, avec ses couloirs interminables, ses pièces multiples, son grenier, ses escaliers... Puis la peur nous glace dans les bois, et enfin révèle son visage dans les égouts. Ces trois lieux de par l’ambiance associée à la musique créent une perte de repère chez le spectateur. La découverte des assaillants atténue l’effet de surprise et la terreur se fait plus psychologique. À la fois réaliste mais plongeant parfois dans le fantastique à cause de cette menace inconnue, invisible, intangible, jusqu’à la fin, notre imagination fonctionne. Petit film, petit budget, image granuleuse et sombre, mais pas si mal.