Je regarde très peu de téléfilms français, et encore moins ceux d’autres pays. Il y a tellement de longs métrages à voir et à revoir ! C’est sûrement une erreur, car je passe sans doute à côté de belles œuvres. Mais le temps m’est compté. Il faut faire des choix.
J’ai pourtant fait une exception pour « Impossible ». D’abord, le film est produit par Arte. Ensuite, il est réalisé par Emmanuel Finkiel et Swann Arlaud figure au casting. Trois bonnes raisons de s’y intéresser !
L’action se déroule dans les Alpes. Enzo se promène en montagne. Il entend un cri, puis aperçoit un homme qui chute. Il appelle aussitôt les secours. La police l’interroge. Quelques jours plus tard, Enzo se retrouve face à un juge et placé en garde à vue.
« Impossible » est un excellent thriller, adapté d’un livre d’Erri De Luca. Tout repose sur un face-à-face entre un juge et Enzo. Deux hommes, deux visions du monde, et un mystère qu’il va falloir tenter de résoudre.
Le juge est incarné par Swann Arlaud, comme toujours exemplaire. Enzo, lui, est interprété par Fabrizio Bentivoglio, un acteur dont le visage semble porter tout un passé. Peu à peu, le film nous entraîne dans les méandres de l’histoire italienne, évoquant les Brigades rouges et les années de plomb. Le mystère dépasse alors largement le simple fait divers.
L’écriture est remarquable, les dialogues sont d’une grande justesse. Tout est soigné, maîtrisé. Et puis, il y a ces montagnes, sublimement filmées, ainsi que la musique des Pink Floyd, qui apporte encore une autre dimension au récit.
Alors oui, ce téléfilm pourrait parfaitement sortir en salle. Il en a l’ampleur, l’exigence et la mise en scène.
Car il y a beaucoup de cinéma dans « Impossible ». Et c’est bien là l’essentiel.