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In a violent Nature est un film inégal, ayant autant de problèmes avec ses intentions que sa réalisation et son montage.
Niveau réalisation, c'est assez pauvre. Nous avons, entre autres choses, la présence d'un travelling de dos en plan américain, suivant le meurtrier surexploité lui faisant perdre tout impact et rendant la réalisation monotone. En soi, si sur le principe il est intéressant de suivre plus le tueur que les victimes (ce qui change des slashers habituels) ici c'est malheureusement mal géré. Si suivre les pas du meurtrier, sa démarche lente vers ses victimes est un parti pris audacieux, il se retrouve en constante contradiction avec les jumps cut visant à raccourcir ces scènes tandis que les dialogues, eux, ne subissent pas de coupure. En revanche les sons d'ambiance subissent un cut, montrant un véritable souci de cohérence car le protagoniste et les sons ambiants subissent une ellipse tandis que les personnages secondaires non. Une erreur de montage qui signifierait que la temporalité est différente pour le meurtrier et son environnement par rapport à celle des victimes.
Et si par instant, ces pérégrinations, subissent des jumps-cut, parfois le plan est laissé pendant une durée bien plus longue sans comparé ni réel justification, donnant un aspect inconstant et une impression que les intentions n'ont pas étaient assez réfléchi.
Autre élément de réalisation trop utilisé, la faible profondeur de champ. Nous avons constamment ce type de plan, faisant basculer la mise au point du 1er au 2nd plan pour révéler une partie du décor. À trop être exploité sans raison, cela perd de son impact.
La mise en scène se permet malgré tout, parfois, de tester des trucs, comme le travelling circulaire autour du feu de camp, entrecoupé de cut aléatoire et qui dure longtemps semblant démontrer que le plan ne raconte rien en tant que tels, il ne soutient pas un propos et ne porte pas une idée mais sert juste à montrer une banale scène de dialogue.
En revanche la scène d'exécution dans la grange, lente, gore et réalisée en un seul plan est particulièrement réussie grâce à son rythme et son ambiance sonore.
Ce qui n'est pas constant dans le film dont on ressent une véritable absence de mixage et de spatialisation sonore. Qu'un personnage soit à 2 ou 200 mètres du protagoniste, on l'entendra toujours comme s'il était placé juste derrière la caméra.
Niveau sonore d'ailleurs, de jour comme de nuit, l'ambiance de la forêt restera inchangée avec l'exact même chant des criquets, audible au même volume, que la scène se déroule aussi bien en intérieur qu'en extérieur.
Les dialogues quant à eux sont inintéressants, alternant entre exposition aléatoire et conversation insipide de teenager semblant écrit par un septuagénaire.
Et niveau exposition d'ailleurs, nous avons un background pour le meurtrier raconté par le groupe de teenagers au début du film. Il s'agirait d'un enfant décédé mais joué par... un adulte ?! Visiblement même mort, rien n'empêche la croissance. Et ce dernier nous est présenté comme ayant un retard psychologique alors qu'il est particulièrement intelligent, méthodique, ingénieux et créatif dans la manière d'attirer et d'éliminer ses cibles. Donc pourquoi le caractérisé par un élément qui semble aussi inutile et contradictoire ?
Concernant les effets spéciaux et pratiques, ils sont médiocres, particulièrement grossiers et donc visibles à l'écran, sortant de l'immersion de cette forêt. La forêt qui semble être le véritable protagoniste du film mais qui manque de travail tant visuel et sonore pour lui conférer une véritable identité.
Le film manque globalement de variété et c'est son plus gros défaut. Il est très uniforme, une faible variété de plans, d'échelles et de profondeurs de champ et aucun travail sur le son et le mixage sonore pour tenter de donner une couleur et des aspérités propres à certaines scènes. En résulte un film plat, qui semble être l'aboutissement d'un projet de fin d'études étalé sur la durée d'un long-métrage sans véritable justification.
On a là un film qui veut faire "cinéma" mais qui ne raconte rien.
Il serait cependant malhonnête de dire que le film ne porte pas une intention, celle d'être un film d'horreur contrastant entre le calme de la nature et la violence exagérément graphique des exécutions. Le film n'utilise pas de jump scare, prends son temps et l'absence de musique au profit du son de la nature aurait pu donner une proposition intéressante et rafraîchissante si elle avait été mieux exécutée.
Créée
le 27 déc. 2025
Critique lue 5 fois
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