Carol est la fille d’un célèbre acteur de voix off. Lorsqu’il la met dehors pour pouvoir faire venir sa nouvelle compagne du même âge que sa fille, Carol cherche désespérément un travail. Elle est embauchée pour effectuer la bande-annonce d’une série de films.
Lake Bell est une actrice au parcours hétéroclite. Après 10 ans de carrière, elle passe derrière la caméra pour réaliser In a World, son premier long métrage. Elle en écrit également le scénario.
In a World plonge dans le monde original de la voix off. Ce milieu ne diffère finalement pas beaucoup du show-business traditionnel comme le montre impitoyablement Lake Bell. Mais c’est essentiellement ses problèmes familiaux que la trentenaire expose dans cette œuvre. Le rôle principal qu’elle s’attribue lui sert apparemment de catharsis pour exprimer ses difficultés parentales. En effet, le scénario, très original et assez excentrique, met son héroïne dans des situations propres à éventer les conflits larvés avec son père.
Car ce film n’est pas vraiment une comédie ni un drame. Il navigue entre la romance et la tranche de vie sans vraiment savoir où il va. À l’instar de son héroïne qui ne sait pas comment diriger son existence, tant matérielle, sentimentale que professionnelle, In a World narre une intrigue professionnelle, des difficultés relationnelles, des conflits familiaux et des errements sentimentaux, le tout assaisonné de gags absurdes.
L’œuvre est intéressante, sinon dépaysante. Elle porte également un féminisme un peu trop appuyé (les hommes sont en grande majorité des connards, sauf l’élu de son cœur à la virilité ténue). Toutefois, ce féminisme est broyé lors de la chute. En effet, l’héroïne qui souhaitait être reconnue pour son travail se retrouve être un simple objet de propagande dont le talent est secondaire. Beau rétablissement.
In a World est un fourre-tout qui touche à différents styles ainsi qu’à différentes thématiques. À l’instar de son héroïne (et sûrement de la réalisatrice qui se cache derrière), le film n’ose s’engager nulle part et rétropédale dans tous les domaines. Seule la catharsis envers papa est, elle, pleinement assumée. Il reste que le monde de la voix off est pittoresque et que les gags font bien rire. Pour une soirée découverte, donc.