Une histoire a priori simple de retrouvailles entre deux frères à l'occasion de la mort de leur père, mais qui va se complexifier et s'assombrir au gré des souvenirs familiaux enfouis qui vont ressurgir. Le retour de Paul, ex-photographe de guerre, provoque un malaise diffus en complet contraste avec les magnifiques paysages ensoleillés de Nouvelle-Zélande. Un peu comme dans "Rebecca", la personnalité écrasante du père défunt continue de hanter les deux frères et la maison familiale. Son ombre est encore plus présente et palpable dans son repaire ("den") secret, véritable centre névralgique de l'histoire.
Film lent, peu loquace, délicat, hypersensible, utilisant essentiellement les regards et les non-dits pour raconter la violence et la force des liens familiaux. Drame intimiste qui prend son temps pour bâtir une ambiance de plus en plus lourde et même malsaine au fur et à mesure qu'on découvre le passé de cette famille pas aussi lisse et idéale qu'elle semble l'être.
Tous les acteurs sont magnifiques, en particulier Matthew Macfadyen qui porte ce film avec force, grâce et finesse sur ses larges épaules. Il apporte une ambiguïté, un mystère et un charme inquiétant à son personnage abimé et introverti.
La belle B.O. contient des morceaux de Patti Smith ("Horses").
Si la lenteur et les silences ne vous font pas peur, tentez de découvrir ce film totalement méconnu débordant de délicatesse et de mélancolie.