Je savais où je mettais les pieds en allant voir ce film. Milla Jovovich et Dave Bautista en tête de casting, Paul W.S.Anderson derrière la caméra, je retrouve une recette que je connais depuis le premier Resident Evil et le malheureux Monster Hunter. Mais voilà, c’est un peu mon fast-food cinématographique, je sais que ça n’est pas frais et que la digestion ne sera pas au beau fixe mais j’y trouve un côté réconfortant que je ne saurais vraiment expliquer.
C’est donc en ne m’attendant pas à grand-chose que j’ai vu ce In The Lost Lands … et j’ai quand même été bien déçu. Effectivement, on s’y perd dans ces contrées fuies par la société, non pas par le scénario qui est d’un banal affligeant pour l'heroic fantasy, on se perd dans nos pensées, à se demander ce que l’on fait là.
Je n’ai pas lu la nouvelle de G.R.R. Martin mais j’ose espérer qu’elle doit être bien meilleure que ce navet visuel. Bien sûr que tout est cliché, des personnages aux décors, des trahisons aux amitiés, on est en terrain connu, parcouru et trop souvent vu mais parfois une étincelle sauf ce genre de film et dans mon cas, ce sont souvent les monstres et autres bestioles qui peuvent me faire apprécier ces nanars. Là, que nenni, le début du film nous vend du monde infesté de danger en dehors de la cité, d’aventures épiques, d’affrontements bestiaux et rien, sinon le néant de terres désolées balayées par la poussière.
Allez si, je vais sauver un peu les meubles, les décors sont à la hauteur de ce que l’on peut attendre de ce genre mais sans non plus être révolutionnaire. Ce que j’ai le plus apprécié est sûrement ce train de l’enfer qu’au final on ne voit que trop peu. Une bête de feu et d’acier lancée à vive allure mais qui peine à rattraper deux canassons rachitiques et une Jovovich reine du footing. Ah oui, parce qu’en plus d’être de l’heroic fantasy post apocalyptique, on a une grosse dose de mauvais western par dessus tout ça. Je vais quand même vous expliquer rapidos ce patchwork indigeste : l’heroic fantasy avec une reine odieuse, une sorcière badass mais pas de son fait (c’est la société tout ça, tout ça) et un métamorphe (bah oui, pourquoi pas après tout) ; le post apocalyptique, vu qu’on est idiot, on nous explique tout au début sans donner de raison ni pourquoi (ça complexifierait trop le scénario, il aurait fallu écrire plus que les quelques pages de la nouvelle) avec des cités modernes détruite et une civilisation de mineurs sous gouverne de la religion ; et enfin le western, Bautista en cowboy à sornette avec son serpent (à double sonnettes), des chevauchées dans le désert et un chemin de fer qui amène au bon endroit … là où personne ne va donc pourquoi il y a ces fichus rails entretenus pour y aller ?
Je l’ai vu en VF ce qui, à mon avis, ajoute une bonne couche de nanardise. Sans faire du mot à mot, les dialogues sont d’une platitude … “ils nous rattrapent, il ne faut pas qu’ils nous prennent
-vite passons par là
-mais c’est dangereux par là, il y a des monstres
-nous n’avons pas le choix
(galopade devant l’ennemi, sûrement aveugle car il ne voit pas deux cavaliers soulevant la poussière à 200 mètres devant lui)
-on les a semé
-bordel, y a des monstres” étonnant non?
C’était 1h40 de calvaire de A à Z. Pas un moment de repos dans le non sens, les mauvais combats, les scènes affligeantes et surtout une fin des plus foireuse que je n’ai jamais vu. Elle se voyait dès le début même si Bautista annonçait qu’il n’y avait pas de fin heureuse à cette histoire. Effectivement, ce n’est pas heureux, c’est mielleux et niaiseux … même en pleine post-apocalypse.
Rien n’est à sauver dans cette œuvre, et pourtant j’aime à voir les films à part à leur juste valeur, en sachant qu’ils ne sont pas là pour finir à Cannes mais qu’ils sont là pour divertir en proposant d’autres univers.
Si jamais tu m’as lu jusqu’ici, déjà merci mais surtout fuis ce film, même Monster Hunter est mieux … c’est pour te dire qu’il n’y a rien à voir ici. En soit, l’apocalypse cinématographique doit ressembler à ça … Anderson a peut être finalement réussi son coup en me faisant souffrir psychologiquement autant que ces personnages à l’écran.