Tiré d’une bande dessinée à succès, In Waves mêle histoire d’amour et surf, en suivant quatre amis à Los Angeles pendant près de 90 minutes. Le souci, c’est que le surf semble finalement n’être qu’un motif au sein d’une histoire mélodramatique cousue de fil blanc. Une fois le protagoniste initié, le surf n’est plus qu’un sujet d’arrière-plan et un carburant pour le sentimentalisme doux, mais parfois mièvre, du film.
Comparer une adaptation à l’œuvre originale est toujours un peu maladroit, voire injuste. Certes, le scénario reste relativement similaire, mais son découpage narratif est très différent. La bande dessinée ménageait des pauses entre les passages les plus intenses grâce à l’histoire du surf à Hawaï, qui formait un autre arc narratif, plus léger et surtout visuellement distinct grâce à la bichromie : bleu pour le présent, sépia pour le récit historique. Dans le film, cette passionnante histoire culturelle du surf hawaïen est condensée en cinq minutes tout au plus : quelques images d’une époque lointaine où se déroulaient des rituels sur l’eau, puis une brève mention de Duke Kahanamoku avant de passer à autre chose.
L’autre souci, à mon sens, tient à l’abandon de la direction artistique minimaliste et efficace de la bande dessinée. L’eau est pourtant très bien animée : pleine de reflets et de lueurs, constamment mouvante et représentée sous tous les angles. Mais une sorte de filtre rose pastel semble avoir été appliquée à l’ensemble du film. Les personnages sont modélisés dans une 3D particulièrement lisse, tandis que les environnements adoptent un rendu plus pictural, évoquant parfois certains jeux des années 2010 comme Skyward Sword ou Life Is Strange, avec de nombreux flous qui donnent aux arrière-plans un effet presque impressionniste. L’ensemble m’a semblé néanmoins curieusement disparate. L’océan aurait sans doute mérité davantage d’épure graphique, comme dans les courtes séquences historiques qui reprennent l’esthétique monochrome de la bande dessinée, mais celles-ci restent bien trop minoritaires face aux scènes du présent.
Il reste un film doux et sensible, mais dont l’adaptation semble n’avoir conservé que la charpente mélodramatique, en évacuant trop largement le thème principal qui donne son nom à l’œuvre. Les vagues n’existent presque qu’au début et à la fin, pour servir une métaphore attendue sur le chagrin et son retour… par vagues. Bref, une petite déception, ça aurait pu être tellement mieux écrit, et surtout bien plus profondément habité par le surf.