đŹ IN WAVES - Phuong Mai Nguyen
DĂ©couvert Ă Cannes en mai dernier, In Waves avait tout pour emporter lâadhĂ©sion. Son animation est dâune grande Ă©lĂ©gance, ses couleurs Ă©voquent Ă merveille la lumiĂšre californienne, les sĂ©quences de surf dĂ©gagent une vraie poĂ©sie et la musique accompagne lâensemble avec beaucoup de dĂ©licatesse. Visuellement, difficile de lui reprocher grand-chose.
Mais c'est sur son Ă©criture que le film laisse un goĂ»t dâinachevĂ©. La premiĂšre partie, consacrĂ©e Ă la rencontre des deux jeunes protagonistes et Ă la naissance de lâhistoire dâamour, sâĂ©tire bien au-delĂ du nĂ©cessaire. Puis, Ă lâinverse, lorsque la maladie surgit, le rĂ©cit accĂ©lĂšre brutalement. Les ellipses se multiplient et passent sous silence prĂ©cisĂ©ment les moments qui auraient permis de mesurer lâampleur de lâĂ©preuve traversĂ©e par le jeune couple. Il est alors Ă©trange d'assister de maniĂšre aussi extĂ©rieure et accĂ©lĂ©rĂ©e au drame.
Ce dĂ©sĂ©quilibre nuit nĂ©cessairement Ă lâĂ©motion. Ce choix narratif pourrait se justifier par une volontĂ© de rester pudique, de refuser dâappuyer les instants les plus douloureux. Une intention louable, mais qui se heurte paradoxalement Ă une mise en scĂšne qui, elle, cherche rĂ©guliĂšrement Ă tirer les larmes. Entre retenue et insistance, le film ne trouve jamais tout Ă fait le bon Ă©quilibre.
DerniĂšre rĂ©serve : le graphisme du personnage fĂ©minin dans les phases les plus avancĂ©es de la maladie. Son apparence mâa semblĂ© exagĂ©rĂ©ment marquĂ©e. Son apparence est tellement transformĂ©e quâon finit par avoir du mal Ă la reconnaĂźtre et qu'elle finit par sembler bien plus ĂągĂ©e que son compagnon.
In Waves reste une Ćuvre sincĂšre, plastiquement rĂ©ussie, mais dont les maladresses dâĂ©criture et le rythme dĂ©sĂ©quilibrĂ© empĂȘchent malheureusement lâĂ©motion de dĂ©ferler avec la force espĂ©rĂ©e.
MA NOTE : đđđ»ââïž 7/10