Revoir Independence Day aujourd’hui, c’est un peu comme rouvrir une capsule temporelle et filer droit vers les années 1990. Le film de Roland Emmerich ne fait pas dans la demi-mesure : invasion extraterrestre massive, monuments pulvérisés, héros charismatiques et discours présidentiel et patriotique galvanisant. À l’époque, c’était spectaculaire. Aujourd’hui, ça l’est encore… mais un peu différemment.
Ce qui marche toujours très bien, c’est le casting. Will Smith est probablement l’élément le plus “vivant” du film. Son mélange d’assurance, d’humour et de bravoure fonctionne immédiatement. Ses répliques apportent de la légèreté dans un contexte catastrophique, sans jamais rendre l’ensemble ridicule.
À côté, Jeff Goldblum incarne ce scientifique un peu nerveux mais brillant, très humain dans ses doutes. Il ne joue pas le génie arrogant, il joue le type dépassé par ce qui arrive mais qui essaie quand même d’agir.
Et puis il y a Bill Pullman. Son discours avant la bataille final reste probablement la scène la plus emblématique du film. C’est patriotique, oui, mais c’est assumé.
Visuellement, certaines séquences gardent un vrai impact. L’arrivée des immenses vaisseaux au-dessus des grandes villes, le silence pesant avant les premières explosions, la destruction de la Maison-Blanche.
Mais on sent aussi le poids des années. Les explosions, notamment, ont un côté un peu “maquette” qui saute plus aux yeux aujourd’hui. Ce n’est pas catastrophique, mais ce n’est plus aussi impressionnant qu’en 1996. Les CGI restent solides dans l’ensemble, simplement un peu datées.
Le scénario, ne cherche aucne subtilité. Une invasion. L’humanité en difficulté. Un plan audacieux pour inverser la situation. C’est simple, efficace, presque scolaire. On ne découvre rien de nouveau, mais ça se suit facilement. On comprend les enjeux, on sait où on va, et on accepte les facilités scénaristiques parce que le film assume son statut de grand spectacle.
Malgré ses 2h30, le film ne paraît pas interminable. Les différentes histoires (le pilote, le scientifique, le président, les civils) s’entrecroisent suffisamment pour maintenir l’intérêt. On ne regarde pas sa montre toutes les dix minutes.
La musique de David Arnold fonctionne bien dans l'univers du film. Elle accompagne les moments de tension et les passages héroïques, mais elle ne laisse pas un thème inoubliable en tête. Comme souvent, la musique fait son travail d'accompagnement mais sans élever réellement les scènes vers quelque chose de mémorable.
Ce qui manque peut-être au film, avec le recul, c’est un peu plus de souffle épique et émotionnel. On assiste à une invasion mondiale, à la destruction de villes entières, mais on reste souvent dans le très sage (certes spectaculaire) et très peu dans l’intime. On est diverti, mais rarement bouleversé.
Au final, c'est un blockbuster solide, représentatif de son époque. Il ne révolutionne rien, mais il divertit encore. Il a ce côté “grand film catastrophe” qu’on regarde sans trop réfléchir, avec plaisir. Clairement pas un chef-d’œuvre, ni un film profond, mais un spectacle efficace, porté par un casting attachant et quelques scènes devenues cultes. Cela donnera même 20 ans plus tard, une suite.