Vingt ans avant de perdre définitivement toute crédibilité, Roland Emmerich signait avec Independence Day la matrice absolue du divertissement estival destructeur. Un monument de la pop-culture des années quatre-vingt-dix qui a redéfini le gigantisme à l'écran. En effet, visuellement, le spectacle reste total : le mélange hybride de maquettes titanesques et d'effets pyrotechniques réels inflige encore aujourd'hui une sacrée leçon à la bouillie numérique actuelle. Devant la caméra, le magnétisme insolent de Will Smith et le flegme pince-sans-rire de Jeff Goldblum apportent un capital sympathie indispensable à l'entreprise.
Bien que la générosité de la proposition formelle emporte l'adhésion, le métrage s'embourbe dans un patriotisme post-Guerre froide d'une lourdeur proprement pachydermique. Entre clichés éculés et résolutions scientifiques d'un ridicule achevé, le script flirte constamment avec le vide intersidéral. Pourtant, l'essentiel est ailleurs, caché derrière un sens inouï du découpage apocalyptique qui maintient un rythme effréné.
Mais au-delà du triomphe de box-office, saviez-vous que le tournage d' Independence Day a provoqué une véritable crise de nerfs au Pentagone, entraînant le retrait immédiat du soutien de l'armée américaine à cause d'une sombre zone d'ombre du scénario ?
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