Suite aux événements en Thaïlande du premier film, la mystérieuse CW, pourfendeuse d'influenceurs superficiels (pléonasme), s'est réfugiée dans le sud de la France où elle coule des jours heureux avec Diane, sa nouvelle compagne locale.
Mais le week-end organisé par ses soins pour fêter leur première année de couple tourne au vinaigre à cause de Charlotte, une influenceuse de plus en plus invasive vis-à-vis du programme prévue par CW, ce qui va évidemment amener la jeune femme à retomber dans ses t.très mauvaises habitudes...
Un faux-pas qui va la faire repérer par Madison, survivante de ses coups tordus, aujourd'hui recluse, accusée à tort par tous et bien décidée à retrouver CW pour prouver son innocence à la face du monde.
Aussi sympathique et plutôt bien troussé qu'était "Influencer" en 2022, il n'en restait pas moins un thriller resté assez confidentiel (succès sur Shudder), certes critique méritée et pertinente d'une ère du temps ayant perdu pied dans le virtuel, mais dont on n'imaginait pas forcément une suite réclamée par des légions de spectateurs.
Pourtant, nous voilà aujourd'hui avec un "Influencers", où le pluriel prend bien sûr toute son importance par le spectre de nouveaux influenceurs qui vont y être justement malmenés (celle insupportable de vide caricatural interprétée par une Georgina Campbell en rapide et étonnant contre-emploi, le masculiniste à la parole libérée qui cache le pathétique de son intimité derrière les écrans, l'épouse prônant une façade conservatrice face à ses propres perversions) et, surtout, le second round décisif entre CW et Madison, sa némésis désormais toute désignée.
Même si toutes les forces en présence du premier film signent leur retour, notre pressentiment autour d'une suite dispensable se confirme assez rapidement malgré de bonnes pistes pour redéfinir ses deux héroïnes principales et quelques coups de dents acérés contre l'artificialité des personnes qui se vont dévorer par les réseaux où ils pensent briller.
Si ce dernier point reste amusant par l'éventail plus large de représentants que "Influencers" pointe du doigt, la majeure partie du propos tend trop à une redite du précédent (il avait tout dit et plutôt bien, en dépit des variations de personnalités offertes par cette suite) là où, finalement, les idées de l'exploration plus intime de sa psychopathe (bon, le flashback aux deux tiers du film n'était pas forcément nécessaire si l'exposition du film avait été mieux écrite mais la manière dont CW en perpétue la relation centrale est aussi attachante que tordue via ce qu'elle en traduit de sa perte de repères au réel) et celle de Madison, victime principale ayant hérité d'un statut renversé de persécutée par les réseaux ayant fait sa gloire.
Là-dessus, si on ferme les yeux sur pas mal de facilités qui les entourent, "Influencers" réussit à délivrer un résultat plaisant pour ceux qui ont aimé ces deux personnages et le miroir se dépliant entre eux, ne pouvant qu'être brisé par la destruction d'un de ses deux reflets. Mais le dernier acte va hélas essayer de concrétiser physiquement ce duel dans une phase de combat grandiloquente, façon "Kill Bill" du pauvre, qui semble un peu hors-sujet et... bah... aussi artificielle que le monde que le film se voulait critiquer.
Plus enthousiasmante, la toute fin est ouverte et pas bête (l'épilogue est même bien sentie en vue aérienne): si le nouveau statut de CW vis-à-vis des réseaux sur lequel le film nous laisse et insiste est exploité à son potentiel, il y a vraiment quelque chose d'intéressant à faire d'encore plus fou sur ces applis sociales dévorées par les boursouflures les plus déviantes de l'être humain à travers cette meurtrière.
Tiens, voilà que l'on nous surprend à en réclamer un troisième film maintenant. La preuve que cette suite avait des bonnes choses à laisser en commentaires de posts Insta à son sujet.