Après trois films de gangsters et un film d'arts martiaux qui avaient bâti la réputation de leur cinéaste, Tarantino a donc décidé de faire un film de guerre. Film de guerre que j'attendais avec impatience tant j'étais fan du cinéma de quentin, dont la filmographie jusque-là parfaite me laissait espérer un cinquième chef d'oeuvre. Ma déception fut grande à la sortie de la salle, tant le film me laissait sur un sentiment mitigé. Pas une douche froide, mais pas loin.

Pourtant, il y a de très bonnes choses. A commencer par la séquence d'ouverture, magistral moment de cinéma qui montre la grande maîtrise du réalisateur, une scène millimétrée qui vous ferait presque transpirer, avec ses dialogues à couper au couteau dits par des acteurs dirigés à la perfection et cette tension qui monte, progressivement jusqu'au grand flinguage final, dans la plus pure veine tarantinesque. On retrouve cette même tension parfaitement maîtrisée lorsque des américains, déguisés en officiers allemands, se retrouvent dans une brasserie française à devoir jouer aux carte avec un officier allemand, un vrai celui-ci, dans une autre scène grandiose qui se termine encore en distribution de plombs. Deux séquences mises en scène à la manière d'un western spaghetti.


Si raconter l'occupation allemande avec une mise en scène de western était une excellente idée, le film souffre malheureusement d'une grande faiblesse au niveau du scénario, trop décousu.

Tarantino a -t-il été trop sûr de lui, persuadé d'être un génie qui ne pouvait pas ne pas faire un chef d'oeuvre, lorsqu'il a adapté cette série dont il avait déjà écrit tous les épisodes, pour en faire un film ? Probablement. Ca part dans tous les sens, il y a beaucoup de scènes inutiles dont on se demande quel est est leur rapport avec l'histoire, certains personnages nous sont présentés alors que leur rôle dans l'histoire n'est que minime, l'héroine est insupportable... le résultat aurait été probablement mieux s'il était resté sur son projet d'en faire une série.


Certains reprochent au film un certain manichéisme et un patriotisme trop marqué, et même un appel à la haine contre les allemands. Mais, en réalité, il y a une petite subtilité, que je ne connaissais d'ailleurs pas à Tarantino. C'est d'avoir introduit dans son film un court métrage de propagande allemand, qui permet alors de relativiser son propos par une mise en abîme très astucieuse. Les films de guerre hollywoodiens sont des films de propagande eux aussi, voilà le message suggéré.


Pas de quoi sauver le film, auquel je met néanmoins 6 points pour ses quelques très bonnes scènes, et aussi pour l'excellent acteur qui interprète Hans Landa, officier allemand terrifiant, mais terrifiant tout en finesse, en subtilité.

AlaBonneHeure
6
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le 6 juin 2019

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