Sixième long métrage de Quentin Tarantino, Inglourious Basterds succède au mésestimé Death Proof dans la filmographie de l'enfant terrible du Cinéma US façon pop & pulp. En cinq chapitres littéralement étirés dans leur durée, faisant la part belle à des dialogues très ( trop, parfois...) écrits, QT accouche d'une uchronie construite autour de deux arcs narratifs à l'intérêt inégal, avec d'une part la destinée vengeresse de la figure de Shosanna Dreyfus incarnée par Mélanie Laurent et bien décidée à mettre à mal une cérémonie cinématographique orchestrée par Joseph Goebbels, et d'autre part le projet de scalp de l'armée nazie par l'équipe des fameux basterds dirigée par le Lt. Aldo Raine et campé par un Brad Pitt au meilleur de son autodérision...
Si ledit film n'est pas toujours très subtil dans sa charge anti-nazie et qu'il demeure parfois un peu trop bavard et volontairement malin dans sa globalité ( polyglottisme du personnage joué par l'excellent Christoph Waltz conférant à l'esbroufe linguistique, détails autour desquels s'articule la manipulation de la mise en scène à dessein démonstratif, et cetera... ), cette sophistication propose en même temps une catharsis émotionnelle faisant souvent jubiler ainsi qu'un véritable beau morceau de Septième Art une nouvelle fois largement référencé ( Castellari évidemment, mais également le cinéma alpin de G.W. Pabst et les films de propagande du IIIème Reich font partie des fondamentaux de la genèse encyclopédique dudit film ).
À noter l'excellence du casting opéré par Tarantino, de Waltz à Michael Fassbender en passant par la rayonnante Diane Kruger, impeccable quant à elle dans la peau d'une infiltrée véritablement cuisinée par un Hans Landa finalement moins intelligent qu'il n'y paraît. Entre hommage au Cinéma et à ses - désormais archaïques - systèmes de projection, caricature grotesque et délibérément détournée des vraies figures historiques du Reich allemand et style tarantinesque de haute volée, Inglourious Basterds s'avère de fait incontournable et proprement jouissif, à voir et à revoir régulièrement au fil des années...