A condition d'y voir le verre à moitié plein, ce qui mon cas, Inherent Vice peut se voir comme la transposition parfaite de l'état d'esprit de personnage principal. Détective privé constamment shooté du début à la fin, il incarne sans doute celui le plus proche de la narration dans lequel il vit. Joaquin PHOENIX traîne sa dégaine improbable à travers un tableau de vignettes vintage avec une décontraction et une certaine aisance dans le cool. Intervient alors l'idée la plus intéressante du film, celle de faire de Sportello un électron libre se déplaçant dans un semi-rêve au fil de son enquête, subissant l'environnement au lieu de s'y épanouir. Une impression amplifiée par le fil rouge du film, anecdotique aux yeux de ceux dont la conclusion importe plus que le sort de son enquêteur, l'ex de Larry, Shasta.
Pas étonnant alors, une fois cette partie de l'intime acceptée, de voir dans le film les scènes réunissant Sportello et Shasta comme les plus réussies et les plus détachées de son récit. C'est cette part d'irréel, cette altération du tangible, qui offre à "Inherent Vice" un véritable coeur auquel il faut se tenir fermement
Pour vous y aider a travers le Los Angeles de 1970, ,le plus hallucinant des trips, une B.O a la hauteur . Mais, sous ce divertissement cool, perce la mélancolie. Bientôt, l'idéal libertaire du « flower power »