J'ai toujours aimé Bob Dylan... et les frères Coen (quoique j'en ai un peu marre des personnages qui se font écraser dans tout leurs film). Inside Llewyn Davis nous dresse un portrait caricatural des Etats-Unis. Un film très émouvant mais aussi très drôle, utilisant des personnages vraiment tristes pour en faire l'objet de moqueries. C'est cet humour malsain qui est traité durant tout le film.
On pourrait penser qu'il est mauvais pour le film et ce que pourrait en penser le spectateur. Mais non. Tout au contraire. Dans ce contexte là, cette ironie est la bienvenue. Llewyn Davis, chanteur folk à grand talent, n'arrive pas à trouver le succès qu'il mérite. Les réalisateurs dressent un portrait péjoratif de tous les personnages, afin de se retrouver à la place du rockeur. On ne comprend pas pourquoi, ni comment. Pourquoi un homme si talentueux ne réussit pas à trouver sa petite part de succès?
Llewyn Davis subit son entourage, tente de s'imposer mais n'y arrive pas. Ce film apporte une nouvelle justification à une grande réflexion philosophique: le destin de l'homme est il influencé par les autres? L'Homme peut il vivre sans les autres?

Dans ce film, les frères Coen cherchent à faire naître chez le spectateur une sorte de malaise, ce qui est absolument remarquable, le film n'étant pas un film d'horreur ni un film totalement absurde et dégoutant comme Perfect Mothers, de Anne Fontaine.
Et pourtant, devant Davis qui enchaine les gaffes (le chat qui s'échappe...), un petit chanteur (Justin Timberlake), dépourvu de tout talent, réussit à faire carrière et à vendre ses disques.
C'est dans ce cercle vicieux, là où aucune issue n'est possible, que le spectateur et le personnage sont coincés.

Qui décide du destin de Davis? Est-ce Dieu? Est-ce le Destin? Sous cette apparence simple, Inside Llewyn Davis apporte de nombreuses questions sur la vie et ce que peut en faire un homme.


L'acteur principal, Oscar Isaac, est très bon, au point d'être à la hauteur de cette écriture fine des frères Coen.
Carey Mulligan est déroutante. Non pas que son jeu d'acteur est exceptionnel (enfin pas loin de ça...), mais que ses répliques soient si fines et distinguées*.
Garrett Hedlund et John Goodman sont à mourir de rire.

Pour moi, ce film est surtout un petit plaisir pour les réalisateurs. Je ne pensent pas qu'ils voulaient faire un grand film en faisant celui-ci.
jeunecinéphile
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le 8 déc. 2013

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