Chabrol a beaucoup tourné, beaucoup car la vie coute un bras, le beefsteak a pris des hauteurs vertigineuses et qu'il faut bien assurer un train de vie somme toute en adéquation avec son rang de cinéaste chouchou d'une certaine presse, curieusement plutôt à gauche alors que l'ami Claude avait tout de l'anarchiste de droite, bon bref, on s'égare. Un an après un Poulet vinaigré moyen, il repique aux jérémiades de son producteur en réitérant les aventures d'un flic antipathique incarné par un comédien pas folichon. Jean Poiret fut un auteur de talent mais au jeu somme toute limité, il persiste sur une seule et unique ligne de jeu, la nonchalance agressive, le dédain vachard et le paprika aux oeufs, en gros il est l'exemple masculin de ce que Josée Dayan va imaginer pour son Capitaine Marleau. Une flic qui enquête chez les bourgeois avec morgue et misanthropie. Je déteste à la fois la mise en scène de Josée Dayan, le jeu atroce de Corinne Masiero et de fait très moyennement ce que va en faire ce Jeannot sous l'oeil apathique du gourmet Claude sans doute plus intéressé à dénicher les bonnes tables de son lieu de tournage breton.
sinon Jean-Luc Bideau est un tenancier de bar louche, Bernadette Laffont en veuve peroxydée, Brialy en homo fourbe, on est en plein marasme. Ah oui, en 1986 une gamine de 13 ans fréquente les lieux de beuveries et de débauche sans que cela offusque quiconque. En somme, un film mineur.