J'ai vu ce film dans le cadre scolaire, et je me suis permis de prendre des notes (dans l'espoir qu'au moins un pseudo-débat soit ouvert après le visionnage, mais mes espoirs sont très faibles). Autant le dire j'ai détesté ce film.

J'ai envie d'argumenter en reprenant ce que nous a dit notre professeur(e) à la fin du film, et en contredisant ce que iel a dit. Iel a d'abord dit que ce n'était probablement pas le genre de film que l'on regardait, nous élèves, chez nous (je ne mettais pas dans le groupe auquel iel parlait, conscient du fait que je ne regarde pas les mêmes films que le reste de la classe, malgré tout la phrase était quand même correct, je ne regarde pas ce genre de film de mon plein gré). Iel a dit que nous ne regardions pas ce genre de film chez nous parce que c'est un film lent et contemplatif, et je me dois d'être en désaccord avec ces propos. D'abord je ne suis pas d'accord avec le lent, enfin du moins pas tout seul sans explication. Si le film a pu me paraitre lent aussi c'est parce que globalement je me suis assez ennuyé devant ce film, mais cela n'était que parce que Sean Penn (le réalisateur de ce film donc, acteur excellent, mais visiblement réalisateur médiocre) fait un film extrêmement répétitif. C'est à dire qu'on a une scène avec un dialogue, ou l'intrigue avance, où il se passe quelque chose, et puis quand c'est juste le personnage principal qui marche, qui fait diverses activités, avec des gens ou tout seul, Sean Penn nous met un montage d'images avec de la musique. Et ça tout le long du film, c'est donc très répétitif, et cela ne me dérange pas dans l'idée une scène qui se répèterait tout au long du film (comme par exemple ici le personnage qui marche), où on verrait donc au fur et a mesure les petites différences se formant d'une scène à l'autre (comme dans Un jour sans fin par exemple, même si je suis pas sûr que j'aimerais à nouveau ce film, c'est quand même un bon exemple je trouve ici). Sauf que non puisque Sean Penn encore une fois se débarrasse le plus vite possible, avec un montage et de la musique, de toute scène où au niveau de l'intrigue il ne se passe pas grand chose. Et du coup bah c'est pas non plus très contemplatif... parce que très clairement c'est lors de ces scènes où il ne se passe pas grand chose qu'on pourrait être très contemplatif, mais la musique est là (je cite Les Notes sur le Cinématographe de Bresson à mon habitude) "pour empêcher de voir qu'il n'y a rien dans ces images". Et puis Sean Penn met beaucoup trop de plans... j'veux dire si tu veux faire un truc contemplatif, faut faire durer tes plans un minimum de temps... ici c'est ridicule tellement ils sont courts et tellement y'en a... Par exemple pour une scène de dialogue Sean Penn va utiliser je sais pas combien de plans sur chaque personnages, beaucoup trop, il fait un truc tout sauf épuré, bordélique, sans aucun sens, les plans liés ensemble ne riment à rien. Godard disait qu'au cinéma pour faire un film il fallait filmer l'invisible, et que si on filme uniquement que le visible, on fait alors un téléfilm (c'est comme ça que je considère ce film). Bresson dans ses Notes sur le cinématographe le traduisait un peu de cette manière "Il faut qu'une image se transforme au contact d'autres images comme une couleur au contact d'autres couleurs. Un bleu n'est pas le même bleu à côté d'un vert, d'un jaune, d'un rouge. Pas d'art sans transformation". C'est en liant 2 plans ensemble qu'on va créer quelque chose, qu'on va expliquer les plans d'avant. J'ai souvenir d'avoir vu une vidéo d'Hitchcock qui expliquait ça, que si on met un plan A et qu'on le fait s'enchainer avec un plan B, on comprend le plan A d'une certaine façon, alors que si on avait fait s'enchainer le plan A avec un plan C différent du plan B on aurait interprété le plan A d'une manière complètement différente. Et ça c'est une des manières de montrer l'invisible. Seulement si on montre tout, qu'on met beaucoup trop de plans, et bien ça ne marche plus. Et c'est je trouve le cas de ce film. Et vu qu'il y a trop de plans Sean Penn ne contemple jamais ce qu'il film, et ça fait de Into The Wild tout sauf un film contemplatif. Les seuls plans qui durent un peu sont les plans en ralentit, autant dire que ces plans n'apportent pas grand choses... voir rien.

Bon enfin passons un peu plus à l'histoire du film. Le/la professeur(e) nous a dit qu'iel trouvait aussi le film intéressant sur ce qu'il dit de la société, sur cette homme justement qui s'enfuit de la société. Alors je trouve ce personnage ridicule. Il n'a pas seulement l'envie de fuir la société, mais il a aussi la prétention de l'emmerder. En brûlant ses billets par exemple il a la prétention de faire un geste contre la société. Seulement d'accord il y a une symbolique a bruler ses billets, mais c'est complètement con de sa part. Il s'est exilé tout seul, il s'est mis dans la merde tout seul. Il aurait pu prévoir qu'il allait avoir de nouveau besoin d'argent et que brûler ses billets était une très mauvaise idée. En fait il a aussi la prétention de se mettre dans la marge de la société. Mais en fait c'est pas en allant en campagne, ou en passant je ne sais où, que tu sors de la société. La société actuelle est merdique je te l'accorde, elle a plein de défaut, le capitalisme, les discriminations, le capitalisme... et le capitalisme par exemple. Mais il faut pas abolir la société, il faut la changer. Il y aura toujours une société, tant qu'il y aura des relations humaines les sociétés sont nécessaires. La question est "comment organiser ses relations humaines". Et se battre contre la société, c'est contre productif, c'est stupide, et c'est suicidaire. Parce que t'écarter de la société actuelle, ça peut être bien, mais le faire tout seul c'est du suicide. On est très clairement sur un personnage qui a cherché la merde et qui la trouvé au point de mourir comme une merde. Il est juste ridicule. En fait j'ai l'impression qu'il cherche à être symbolique dans toutes ses actions. Mais être uniquement symbolique dans la vie c'est stupide !! Ça n'amène à rien... Bon et puis le rêve de se déconnecter et d'abandonner la société c'est globalement un rêve de droite, donc bien la politisation. Bravo. Et puis en fait j'ai l'impression aussi qu'il se dit vas-y je vais faire comme si on était dans un monde idéal, plus besoin d'argent, plus besoin de quoi que ce soit. Mais en fait dans une société capitaliste (parce qu'il a beau partir de la ville, la société n'a pas de frontière donc il y est toujours) si tu commences à vivre comme dans un monde idéale bah comme dans le film tu te mets dans la merde, tu t'exiles tout seul et tu meures. Je trouve qu'il faut vraiment être con pour décider de faire ça. Et quelque part Sean Penn fait l'apologie de ce mec qui part comme ça, comme si c'était bien, alors que c'est ridicule. Il met des beaux plans tout le temps, avec des belles couleurs, mais qu'est-ce qu'on en a à faire que tu mettes des belles couleurs ? Je pose la question sincèrement. Un plan seul n'a pas de valeur cinématographique, comme le dit Bresson, c'est en les montant avec d'autres plans, d'autres images que le tout aura une valeur cinématographique, après qu'il y ait eu une transformation. C'est comme en musique, une note seule ne vaut rien globalement musicalement, et c'est quand on l'englobe avec d'autres notes, quand on la fait s'enchainer avec d'autres notes, que le tout finit par avoir une valeur musicale. Et bien là dans le film chaque plan est fait pour tenir debout seul, et c'est ridicule, c'est nul, ça ne rime encore une fois à rien.

En plus c'est sans parlé des flashback, c'est inutile. Tout ça pour créer une sorte de narration originale je suppose. Bah ça sert à rien. On dirait ce con de Nolan qui pour raconter la vie d'Oppenheimer (film que j'ai même pas vu hehe, mais m'en fou je crache dessus parce que Nolan c'est médiocre) fait des flashbacks à tout va etc... ça sert à rien que de se donner une couche de vernis pour paraitre beau, sauf que tu creuse un petit peu ce vernis, et c'est creux, y'a rien. Des beaux plan d'accord, de la bonne musique d'accord, mais derrière ce vernis artificiel il n'y a rien, rien qu'un petit con prétentieux qui finit par regretter de s'être exilé. un petit con qui de toute façon pensait déjà un jour revenir chez lui et même éventuellement écrire un bouquin sur sa vie, pour donc au final le vendre et par conséquent gagner de l'argent... bien... donc retour complet au capitalisme ! Chapeau l'artiste !

Je tiens aussi a souligné que les une ou deux scènes qui auraient pues être intéressante, je parle de celles où soit la fille soit le garçon avec la fille chante sur scène, ces scènes qui auraient pues être belles, sont finalement coupé sec par Sean Penn (avec une petite fondue pour ne pas déstabiliser le spectateur qui est sensé selon les critères de ce genre de production être con comme une chaise) qui s'ennuie déjà vu qu'il ne se passe rien dans l'intrigue.

Bref si j'ai d'autres trucs à dire je rajouterais en post-scriptum.

Sinon bah c'était nul en conclusion.

JerrysNugget
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le 19 mai 2026

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JerrysNugget

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