Certains films semblent porter en eux la promesse d’une expérience mémorable, mais Intruders, réalisé par Juan Carlos Fresnadillo en 2011, échoue tristement à honorer cette promesse. À force de vouloir ménager tension psychologique et horreur fantastique, le film finit par n’être ni l’un ni l’autre, englué dans une narration bancale et un suspense inexistant.


L’idée de base — explorer la naissance de la peur et son héritage entre générations — aurait pu donner lieu à une œuvre profonde et glaçante. Malheureusement, Intruders se contente d’effleurer ses thématiques, sans jamais les investir pleinement. Le scénario, à force de vouloir jouer la carte du mystère, perd rapidement le spectateur dans une progression lente et confuse, vidant peu à peu le film de toute intensité dramatique.


Ce constat est d’autant plus regrettable que Juan Carlos Fresnadillo a déjà prouvé, notamment avec 28 Weeks Later, qu’il savait installer un climat pesant. Ici, il semble bridé, comme prisonnier d’une mise en scène lisse et sans véritable audace. Quelques séquences, il est vrai, sauvent momentanément l’ensemble grâce à une photographie léchée et une esthétique froide. Mais ces éclairs visuels ne font que souligner l’absence de fond véritable et d'émotion sincère.


Clive Owen, pourtant solide d’ordinaire, paraît presque égaré dans un rôle sans épaisseur, porté par des dialogues fonctionnels et des enjeux émotionnels trop peu incarnés. Quant à l'antagoniste, le "Hollow Face", il manque cruellement de force symbolique : trop peu exploité, il n’incarne ni l’effroi ni la fascination que ce genre de figure devrait générer.


Avec une telle matière, Intruders aurait pu devenir une œuvre marquante du cinéma d'horreur moderne. Mais à force d’indécisions et de concessions, le film s'enlise dans un ennui poli, incapable de provoquer autre chose qu'une lassitude croissante. Une ambition intéressante sacrifiée sur l'autel d'une exécution fade.

CriticMaster
4
Écrit par

Créée

le 28 avr. 2025

Critique lue 5 fois

CriticMaster

Écrit par

Critique lue 5 fois

1

D'autres avis sur Intruders

Intruders

Intruders

4

FoxmcCost

183 critiques

Mougeyman

Juan Carlos Fresnadillo, réalisateur du très sympa 28 Semaines plus Tard, reviens dans l'horreur avec un film de fantôme. Why not ? J'attendais surtout qu'il me fasse au moins une scène aussi...

le 19 avr. 2012

Intruders

Intruders

7

Filmosaure

300 critiques

Innetroudeurz

Nos amis espagnols sont décidément assez doués en films d'horreur (je repense, par exemple, à l'Orphelinat qui était excellent, à REC, assez bon dans le genre, et à Malveillance, sorti il y a peu au...

le 14 janv. 2012

Intruders

Intruders

6

DanielOceanAndCo

4214 critiques

Critique de Intruders par DanielOceanAndCo

Juan Carlos Fresnadillo, réalisateur de "28 semaines plus tard", a du talent et il le prouve une nouvelle fois avec "Intruders", qui se déroule dans deux lieux différents (Londres et Madrid). Si la...

le 1 déc. 2021

Du même critique

Après mai

Après mai

8

CriticMaster

2300 critiques

Les braises d’un idéal : la jeunesse en quête de sens dans Après mai

Dans son film Après mai (2012), Olivier Assayas dresse un portrait sensible et nuancé de la jeunesse française du début des années 1970, marquée par l'héritage de Mai 68. À travers le regard de...

le 30 avr. 2025

Battlestar Galactica

Battlestar Galactica

9

CriticMaster

2300 critiques

Le pouvoir sous pression : politique en apesanteur

Battlestar Galactica (2004) n’est pas seulement une série de science-fiction, c’est un laboratoire politique sous haute tension. Si je lui ai mis 9/10, c’est parce qu’elle réussit à conjuguer tension...

le 3 juin 2025

Only God Forgives

Only God Forgives

4

CriticMaster

2300 critiques

Esthétique envoûtante, émotion absente

Difficile de rester indifférent face à un film comme Only God Forgives. Avec son esthétique glacée, sa mise en scène millimétrée et ses silences lourds de sens, Nicolas Winding Refn signe une œuvre...

le 28 mai 2025