7
le 2 juil. 2025
SuivreCritique de Invisible Demons par Fabior_De_Nulle_Part
Il existe bien un enfer et il est bien sur terre, particulièrement au pays ou la vache est bien plus sacré que la vie humaine, à New Delhi.
Sans doute que j'en attendais beaucoup de la part de Rahul Jain après son incroyable "Machines", parfaitement calibré sur le fond et la forme, dans les entrailles d'une usine textile indienne avec son lot d'images incroyables. Rétrospectivement, on pourrait y déceler ce qui fait la faiblesse de "Invisible Demons", en se remémorant la séquence impliquant les gérants, dont la mise en scène n'était pas aussi percutante que les plans silencieux. Ici, dans son documentaire consacré à la pollution, cette composante-là prend malheureusement beaucoup plus d'ampleur avec des considérations plus personnelles, pas forcément incohérentes ou inutiles, mais qui en tous cas brisent le côté parfaitement huilé du reste.
Le doc interpelle, en tant que second film de Rahul Jain, par le recours à la voix off essentiellement au début et à la fin, avec une certaine lourdeur emphatique qui n'était pas vraiment nécessaire étant donnée l'ampleur du sujet. J'ai aussi trouvé que devant l'immensité du sujet des territoires, il n'est pas parvenu à réaliser une bonne synthèse et ses entretiens avec des personnes rencontrées dans la rue paraissent décharnées, sans dimension constructives les uns avec les autres. Quelques passages un peu trop faciles aussi dans l'appel à l'émotion, avec des enfants qui parlent de leurs problèmes pour respirer et les gens qui soufflent péniblement dans une machine à l'hôpital pour évaluer la santé de leurs poumons. Il y a des témoignages qui paraissent un peu trop aléatoires, à la différence de ceux de "Machines", relatifs à un cadre beaucoup plus précis. Pas trop fan de l'intégration des pérégrinations de la journaliste ou du recours un peu trop fréquent aux plans de drone.
Pour le reste Rahul Jain n'a pas perdu son regard acéré de photographe et prolonge l'exercice de son talent en faisant de la ville un espace digne d'un film de science-fiction post-apocalyptique. Avec ses nuages constants, ses fleuves partagés entre le noir de la saleté et le blanc des détergents, son petit ilot de forêt restante entouré par des autoroutes, ses vaches qui errent dans des champs de plastique en mangeant des sacs, et surtout ce dernier plan en travelling arrière depuis une décharge démentielle... "What would a world without development look like?"
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Mes Documentaires, Avis bruts ébruités, Top films 2021 et Cinéphilie obsessionnelle — 2023
Créée
le 3 août 2023
Critique lue 52 fois
7
le 2 juil. 2025
SuivreIl existe bien un enfer et il est bien sur terre, particulièrement au pays ou la vache est bien plus sacré que la vie humaine, à New Delhi.
5
le 4 août 2026
Suivre5
le 20 juil. 2014
SuivreCeci n'est pas vraiment une critique, mais je n'ai pas trouvé le bouton "Écrire la chronique d'une désillusion" sur SC. Une question me hante depuis que les lumières se sont rallumées. Comment...
5
le 10 janv. 2015
Suivre"Birdman", le film sur cet acteur en pleine rédemption à Broadway, des années après la gloire du super-héros qu'il incarnait, n'est pas si mal. Il ose, il expérimente, il questionne, pas toujours...
9
le 8 mars 2014
Suivrele 18 mars 2014
Her est un film américain réalisé par Spike Jonze, sorti aux États-Unis en 2013 et prévu en France pour le 19 mars 2014. Plutôt que de définir cette œuvre comme une "comédie de science-fiction", je...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème